06 août 2018
La mémoire et la mer
04 août 2018
Contraction.
Il n'était plus aussi impressionnant qu'en 2009. Je suis plus grande, dans mes baskets et dans ma tête ; et la surface, les œuvres, le propos m'ont paru plus petits, amoindris par le poids de mon bagage culturel, par le poids de mes propres angoisses et frénésies. Tout comme mon amour, né lors de ma première visite pour l'art pur, la création brute n'est plus aussi prégnant qu'aujourd'hui. Comme le sentiment de l'amour qui m’exaltait avec violence et me faisait vibrer de toutes ses forces autrefois, m'apaise et me rassasie petit à petit désormais aujourd'hui.
Ce lieu cristallise le commencement et l'achèvement d'un parcours celui de mes études, celui de ma jeunesse, celui de certains de mes idéaux, celui de mes désirs.
Seulement deux cent pages me séparent de la fin, d'une fin, de peut-être la première fin de ma vie que je saurai pleinement mettre à profit du reste de ma vie.
02 août 2018
Bi-chat
On ressasse nos angoisses pour s'en tresser les lianes qui nous porteront de branches en branches, d'arbres en arbres, de forets et forets. On explore sa carte intérieure pour y puiser les ressources, les matériaux nécessaires à la survie, dénicher les failles aussi, et puis, pour voir de belles choses et s'en prendre plein la vue. Parfois aussi s'en prendre à soi. S'accrocher à soi. Au travers des autres, des autres souvenirs, autres étés, cigarettes et voyages au bout du monde. Mais c'est son propre monde que l'on n'explore jamais assez, jamais assez bien. Jamais trop.
C'est un pélerinage, avec des paysages un peu moins beaux sur cette partie de la route, mais tu retrouveras vite toute la beauté du monde, la fraicheur des arbres auquels tu grimperas avec joie et agilité. Ton univers est inépuisable et t'as mis les pieds dans une région un peu arride, mais tu migres déjà vers d'autres belles contrées.
Je te regarde, de près, de loin, et tu me restes toujours aussi admirable. Repose toi un petit peu, reprends des forces, la suite en vaut la chandelle.
19 juillet 2018
Un avion nommé désir
Je n'ai pu décrocher un seul mot en arrivant. Je n'ai pas pu te dire combien j'étais apeurée, combien j'étais lasse, comment j'étais avachie par tes quelques mots. Je me sens comme un saule pleureur auquel tu arraches les feuilles au grès de la semaine, comme si je t'apportais une ombre qui ne faisait que t'occulter la douceur du quotidien. Je voulais te couvrir de quiétude pourtant... te caresser de mes faibles branches, te frôler les lèvres, apaiser ton monstre, ta cruauté, ta peur, tes quiétudes. Je ne sais que te murmurer les choses que tu ne sais pas lire entre les lignes, t'embrasser de travers, te serrer maladroitement, te reprocher avec rancœur, t'aimer avec violence, t'adorer à outrance.
Tu mords. Tu me mords, tu me chagrines et tu me brises. Tu me bouffes avec tes doigts, avec ta langue et avec tes angoisses. Et pourtant je me complais à être ton repas journalier, ton encas du défouloir, ton amuse gueule de lendemain de cuite.
Il y a déjà plein de fissures sur notre plancher, je ne supporte pas tes médisants meubles gros comme des baleines qui osent me plonger dans les cervicales avec l'élan de ton mauvais réveil. Je suis fébrile comme une feuille morte quand tu me scrutes de ton air attristé, tes lunettes vissées sur ta tête rouge, suintante, encore anesthésiée de tout ce bel univers que je me tue à essayer de t'offrir. Je ne m'en mords pas les doigts - mes doigts, les pauvres, n'ont rien fait ! - Je me ronge le diaphragme jusqu'à ce que le midi, en courant jusque chez moi depuis mon bureau je m'étale de toute ma flasque peau de chagrin dans mon lit défoncé où parfois nous avons si tendrement fait l'amour, et que je gerbe les pleurs accumulés depuis le matin, par tes scalpels en forme de phrases, tes jets d'horreur à la gueule, tes violences débordantes de haine et de jalousie.
Tu me bouffes, oui. Tu maltraites la petite personne qui tient à peine sur ses genoux que j'essaie de devenir depuis mes longues et sinueuses autres histoires d’amour fracassées, tu me fous des béquilles à chaque enjambée que j'essaie de faire pour te réveiller, pour t'expliquer qui je suis, pour te décrire ce je voudrais que nous soyons. Ça glisse sur toi comme de la soie de Chine, et tu déchaînes tes glabres excuses en me broyant les genoux et en imaginant que ce soit ma tête, comme si les minutes passées à m'accabler quelques heures auparavant ne t'avaient pas rassasiées. Tu me manges. Tu manges la jeune femme que je suis, tu dégustes mes pardons à répétition comme un sorbet au melon et tu ne laisses aucun pourboire, tu me laisses assoiffée. Mon seul réconfort, mes seule lampées de bonheur sont tes lèvres qui esquissent un sourire tordu et sarcastique en me susurrant que tu seras bien là demain, en bas de mon travail, comme un héros glorieux ayant encore vaincu une girafe déjà à moitié morte.
Et je m'accroche à ces promesses comme si c'était une supplication, comme si j'étais persuadée que cela me rendrait cette rafle de bonheur que je me prends dans la gueule à chaque fois que tes bras bleus m'englobent avec désinvolture. Comme si le bonheur c'était juste nous deux, quand je ravale les caillots de sang que j'ai contre mon coeur et qui s'écoulent encore depuis mon entrejambe.
11 juillet 2018
Picotements.
J'ai entendu tes paroles. Je resserre bien ma ceinture des émotions, que j'avais laissée ballante un peu trop, un peu trop vite ; pour ne pas marcher sur le verre pilé que tu parsèmes les lendemains des soirs qui t'enivrent.
27 juin 2018
3652.
19 mai 2018
Amourette
Parfois, quand on se serre très fort et que nos épidermes adhèrent l'un à l'autre tout en douceur, que ta tête se glisse dans l'interstice de mon cou, et que mes bras enveloppent ton grand dos, j'ai le sentiment que mon coeur se transforme en une branche de jasmin. Je m'agrippe à tes cils lorsque tu me regardes avec l'intensité que tu y mets, et toutes les choses qu'il y a autour se font la malle l'espace de quelques instants. Je voudrais parfois poivoir suspendre ces moments sur une corde à linge dans une maison de campagne où l'on irait en vacances et les regarder sécher au gré du vent et des rayons du soleil.
Ton profil gauche me fait de l'oeil en dessinant des courbes en forme de coeur entre mes cotes. Ta côte grimpe à vue d'oeil dans mon coeur. Mon coeur grimpe au plafond quand je te regarde de mon oeil gauche... je pourrais te retourner dans tout les sens et ça marcherait quand même, comme sur des roulettes, comme dans du beurre, et je voudrais faire du roller avec toi, meme dans de la margarine.
J'ai : peur. Des bas-cotés, de tes yeux, de ma gaucherie - de la tienne aussi... - des courbatures, de regarder au plafond par ennui... de l'amour avec toi tout simplement.

