07 juillet 2024

Migraine de bonheur.

J'ai pleuré.
J'ai pleuré il y a deux jours de peur et de terreur. D'incompréhension, d'injustice, de désespoir. J'ai pleuré car j'avais peur. J'avais peur que mon chéri se fasse insulter dans la rue, j'avais peur que je ne puisse pas exercer une haute fonction administrative en tant que bi-nationale, j'avais peur qu'on tape encore plus de noirs et d'arabes dans ce pays. J'avais peur que mon travail doive se restreindre a faire bonne figure devant le pouvoir, j'avais peur que mon papa ne puisse plus bénéficier de l'AME en tant que réfugié politique. J'en ai morvé dans mon lit tellement j'avais peur.

Et puis j'ai pleuré tout à l'heure. J'ai pleuré le 7 juillet à 20h sur la place Stalingrad quand sur un écran géant un grand demi cercle majoritairement rouge s'est affiché sous nos yeux. J'ai sanglote de soulagement dans les bras de mes copines, j'ai chialé fort mais personne ne s'entendait car tout le monde autour de moi hurlait de joie. C'était assourdissant, tout ce soulagement. Comme un furoncle qui éclate et qui enfin fait disparaitre la puanteur.

Ce soir, j'ai usé mes cordes vocales, j'ai levé mon poing, j'ai souri fort en voyant des drapeaux français, et j'ai chanté la marseillaise plus fort que je ne l'ai jamais chanté. En choeur, avec tous le peuple français qui a voté pour l'union, pour la solidarité, pour un avenir meilleur, pour toutes et tous. Et Jean-Luc Mélenchon a bien expliqué le sens des paroles de la Marseillaise. Le sang impur, c'est pas nous, c'est celui des ennemis, celui qui sont contre la liberté. Nous on est purs par notre brillance, nos multitudes, nos espoirs, notre union.

C'est un moment de joie. Les moments ne sont pas éternels. Il faut se mobiliser maintenant, plus que jamais. 

Je voudrais continuer à être fière d'être française, pour très longtemps.


27 mai 2024

Terre plein central.

Ça arrive aussi à trente ans passés. Après avoir été rompue, après avoir forcé jusqu'aux éclats, après avoir éte fatiguée aussi longtemps.

C'est comment ça que je l'imaginais et c'est comme ça que ça m'eclabousse la figure, chaque semaine qui passe. Et toutes ces choses qui devraient arriver,car c'est normal,  n'arrivent pas. Pas de dispute. Pas d'ennui. Pas de peur. Pas de vide. Pas de fatigue. Pas de jalousie. Pas de silence. Pas de semblants. Pas l'ombre d'un doute.

J'ai jamais autant aimé Paris, autant aimé rouler en voiture sur l'autoroute, autant aimé cuisiner, autant aimé faire la sieste, autant aimé boire un Coca-Cola au bar, autant aimé aller au travail pour te raconter ma journé, autant aimé être seule pour te mieux te retrouver. Ça va pas vite, ça va pas à 100 à l'heure, mais au contraire, ça va dans tous les recoins, dans tous les sens le temps de bien admirer les paysages, a chaque stop, à chaque croisement. La Map est grande, mais on n'est pas pressés.
Comme quoi, c'est bon d'être bien garée.

05 mai 2024

Rosa Candida.

Est-ce qu'un homme élevé dans les profondeurs obscures de la forêt, où il faut se dans les chemin au travers de multiples épaisseurs d'arbres pour aller mettre une lettre à la poste, peut comprendre que c'est que d'attendre pendant toute ce sa jeunesse que pousse un seul arbre ?

Auður Ava Ólafsdóttir - Rosa Candida

03 mai 2024

dire non.

Dire non.
Sans euphémisme.
J'ai rigolé car j'ai été surprise, prise de court, entre quatre murs.
Mais ça m'a mise mal à l'aise. Pas un peu, juste vraiment, ce qu'il faut. J'étais en sécurité à ce moment là, et on m'a dit que j'avais raison. Que on a agi avec moi comme un objet. Je n'ai pas a être gentille, si je n'ai pas envie d'aller dans ton sens.
Je ne me suis pas sentie flattée, émue, sexy, importante. Je me suis sentie traquée.
Un tout petit peu, mais tu as usé de quatre manières différentes pour me dire que tu voulais me voir. Quatre fois c'est trop.
J'ai eu peur que tu sois à l'arrêt de tram.
Et je n'ai pas a avoir honte ou à avoir de la peine à te dire que je n'ai aimé.
Je n'ai pas aimé.

15 avril 2024

Divagues.

Comme du café chaud, mon regard tourné dans le creux de mes yeux, je cligne des cils, comme pour avaler à l'intérieur de mon corps l'impression des souvenirs capturés par mes yeux. Pas de tempête à l'horizon. Les gens qui s'ennuie des secousses ont-ils seulement eu temps clair, récemment ?
Je fais remonter des choses, doucement de l'intérieur de moi. Elles remontent par ma bouche pour se poser dans des oreilles douces, de confiance, de bon conseil. Ce ne sont pas des bribes mais de longs fils qui se transforment en épaisses cordes noueuses. Elles sont constituées de tout : des après-midis avec mon grand-père, des souvenirs d'odeurs profondes avec un ex qui m'a fait descendre sous Paris, des histoires suis e démèlent avec mon frère, des pages qui restent fermées avec certaines amies de lycée. Et puis il y a des souvenirs donc le suis la seule garante, car il n'y a pas de protagonistes, pas de témoins. C'est des passages de livres lus au soleil, des paysages solaires lors d'une randonnée, le plaisir étonnant de rentrer à pied après une soirée arrosée en pleine nuit, la satisfaction du travail fait en avance, l'absence de peur.
C'est prenant, et c'est impressionnant comme t cela peut rendre productive, efficace, calme, joviale. Je dois être énervante. Les autres traînent un peu quelque part où je ne touche pas terre.
Je sais qu'il y a un temps pour tout mais en ce moment pour moi, il est temps de divaguer un peu. Alors je dis vague, et vais bientôt à la mer.

07 avril 2024

Une farouche liberté

Quoi de plus normal que de s'approprier le corps des femmes ? N'a-t-il pas toujours été un butin, en temps de guerre, de paix, en vacances, au travail? La culture, l'édu- cation, la religion n'ont-elles pas sécrété, comme une normalité, la domination de l'homme sur la femme? Et le viol n'est-il pas, pour beaucoup, une drague un peu poussée ? C'est ce que pensait le policier de garde au palais de justice d'Aix lorsqu'il a lancé à la cantonade: « Eh! Matteo, tu fais l'amour et tu te retrouves aux assises. Tu te rends compte ? » Quelle misère ! Le viol d'une femme par un homme est un crime contre l'amour. Contre cet << instant d'infini >> dont parlait Cyrano. Mais pire encore: accompli dans un rapport de force physique, il exprime à la fois le mépris et la négation de l'identité de l'autre. C'est pour- quoi je dis qu'il ressemble furieusement à un acte de fascisme ordinaire.

Gisèle Halimi - une farouche liberté 

05 avril 2024

Dépi(eu)tée.

Moi, c'est pas de l'amour qui m'apporte. 
Ce serait facile de tout résumer à ça mais : c'est la faute à papa. Je ne méritais pas d'être nommée la fille de la voisine. Tu n'avais pas à faire une crise d'hystérie à cause de ce non dit. C'était il y a trente ans et pourtant tu en pleures et j'en pleure aussi, cela veut dire que c'est grave, c'est grave pour nous, c'est grave pour nos repères. J'ai toujours éte ton barycentre, et tu n'as été que ma périphérie. Je ne t'aime pas comme tu veux, comme tu as besoin, comme il faut, comme il sied. Mais quand je dis je t'aime, je ne mens pas non plus, c'est de l'amour. C'est de l'amour gros qui ne m'egaye pas, qui ne m'offusque pas quand il s'en va, qui ne m'egratine pas quand il se distend. Toi tu flanches comme du vinyle au soleil, à coups de verres d'alcool, de soirées solitaires et de nuits blanches. 
Je te méprise mais ne te juge pas. Tes positions me révoltent mais ton bien être m'est primordial. Au diable les conventions si tu souris sans être obligé d'être maintenu à trois gramme, mais si tu pipes un mot en travers de mes principes je te refourgue en bas de ma liste de contacts et tu seras là dernière personne que je verrai sur terre. C'est comme ça. On m'a imposé ton existence et si papier c'était festif et protecteur ; ça s'est révélé être matérialiste, malaisant, furtif et drôle quand même par moments. J'ai grandi avec la théorie mais pas assez de pratique. Tu sais pas y faire, tu m'achetais des carnets Diddl mais je voulais que tu m'expliques au creux de l'oreille d'où viennent tes addictions et combien tu as tué de gens au service militaire et ce que ça t'a fait au creux de l'estomac. T'étais trop fermé ou trop cynique, et maintenant t'es trop vieux et moi j'suis trop heureuse, on ne s'entend pas car ce que j'écoute s'écoule le long de mes canaux auditifs mais les canalisations de mon coeur sont impermeabilisées a tes reproches et tes supplications.
T'es là, puis t'es pas là. Et moi j'suis jamais la mais tu m'appelles toujours. Tu m'invites sans relâche, et je sais que je pourrais te demander sur un ton sérieux de tuer mon ex toxique et le mois prochain il y aurait sa nécrologie sur le statut Facebook d'un de mes potes. Et puis toi tu serais vide, toujours vide de moi. Car je m'evapore de ton monde dès que tu y approches ta main brûlante. Tu me fais peur et peine et tu me  rebutes parfois. Et c'est quand tu pleures au resto en doudoune rouge que je me rappelle que t'es un peu humain, et que l'inhumaine c'est moi, là, dans l'histoire.