23 mai 2013

Tenter de ne plus crever sans cesse.

je nais plus envie de mourir
tu nais pas sans importance
il nait pas impossible que je cède
nous naissons à l'unisson
vous naissez yez jamais de comprendre avant de tout gâcher
ils naissent pèrent quand même pas nous détruire aussi simplement...

18 mai 2013

Anne.

   C'est quand je te vois que j'ai envie d'écrire. Que j'ai envie de transpirer la vie par tous les pores de ma peau. je le sens quand on marche vite de la station de métro jusqu'au Marais. C'est mon âme qui respire un peu. Que valent les bouffées d'adrénaline face aux bouffées de bonheur ? Un souvenir. Tu seras l'un de mes plus beaux souvenirs quand je serai grande. Ta voix forte, ton rire strident, les maux de tête quand on rentre chez nous et que je t'appelle pour te raconter comment vont les clochards sur le boulevard Saint-Marcel.
   T'es un peu l'amour de ma vie amical, tu n'as pas d'étiquette, tu n'as pas de prix, tout autant que nos viens n'ont pas de sens et que le seul qu'on leur donne c'est nos bribes de quotidien additionnées ensemble. Comme deux tableaux vierges qu'on met côte à côte et qu'on bousille de liberté. 
   Tu as les cheveux doux comme du miel, ils en ont la couleur, tu en as la saveur, nos soirées en ont la consistance. Tu m'électrocutes à chaque fois que tu me bouges le cul pour un rien : pour un brunch, un rosé, une nuit blanche. J'adore ça. J'adore vivre, et je n'aurais jamais pensé l'exprimer aussi facilement. Apprends-moi avec le temps à le faire toute seule, je t'apprendrai aussi, on s'apprendra toutes les deux, on sera heureuses (un être hybride parfait, tu sais...).
   A chaque fois j'ai le sourire en remontant la pente raide de la rue Jeanne d'Arc. Je me raconte des histoires dans ma tête, comme un bébé qui s'apprend la vie par le fantastique. Moi, j'apprends que le fantastique, c'est ce qui nous arrive parfois, inopinément, quand le soleil dort encore.
   Le million de choses qui m'est arrivé dans la vie s'infuse en ta compagnie, et c'est bête de raconter ça comme si je me faisais un thé avec les péripéties incessantes de mes vingt ans.

   Un jour on ira en Bretagne et tu m'inviteras à la plage.

17 mai 2013

Finie tristesse.

   J'ai cessé d'écrire quand je suis morte.
   Quand j'ai cessé de pleurer : de m'arroser pour vivre.
   Je frémis comme une tige de menthe à qui l'on arrache ses feuilles une à une pour les metrte dans le thé.
   T'es gonflé d'écrire ça.
   Tu es fou d'aimer un fantôme. Je suis blanche comme un linge ; dans quelques jours j'irai me noircir à la plage, cacher ma tristesse au fusain, avoir une bonne mine. Peut-être que des méduses m'étoufferont dans l'eau, j'en rêverais.
   Voilà un an que, rien. Peut-être que c'est fichu pour moi et pour mon coeur, peut-être qu'il est cassé, dysfonctionnement à force de frapper dessus.
   Je ne frappe plus, je ne tire plus. Je n'ai même plus l'ombre de cette sensation enfantine de vouloir me tirer une balle. Je ne suis plus une enfant ; mais je ne serai sans doute jamais une adulte ;
   seulement un petit cadavre d'enfant un peu trop grand, rangé dans une armoire.
   Regarde, je n'ai même plus les mots, même plus les idées. Une bulle de BD vide, qui ne fait que cacher le paysage. Un rien trop volumineux, trop encombrant.
   Tout ça est triste, et me rend triste et je ne suis qu'un sac de peau contenant cinquante kilogrammes de tristesse. malheureusement on n'est pas dans Harry Potter, les sacs n'ont pas un fond sans fin du coup je ne serai jamais cette belle alcôve de velours où tu pourras déposer ton coeur.

Pardonne moi.

25 avril 2013

Boulevard du Port-Royal.

Taxi.

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Boite gay.

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   Il y a des choses qui ne se vendent que dans nos rêves. Les camaïeux de turquoise en rentrant de chez toi. le chant des coucous bourrés planqués honteusement dans les platanes...
   J'ai mal aux poumons. On aurait pu s'endormir sur le parvis de Notre-Dame. Belle grandiose vieille dame qui n'a pas su nous écraser de tout le poids de son histoire. Nous on en a vécu, des histoires, de si petites, de si belles, de si tristes, de si vraies... On en vivra un million d'autres. 
   Le froid cesse d'exister en cette fin d'année scolaire. Nous avons ce petit privilège fastueux de nous balader sans écharpe sur l'île de la Cité vers cinq heures du matin. La police n'est peut-être pas favorable à nos escapades sur les futures pelouse estivales, recouvertes du drap de soie plastique ; ... nous aurions pu croire que c'était de la neige. Nous aurions pu tout croire. j'aurais pu tout croire, cette nuit là.
   Cette nuit là ? Elle s'est achevée comme toutes les nuits du monde : par un banal lever du soleil. C'était beau de se dire que ce n'étaient là que quelques heures décalées, non des heures en trop, comme autrefois.
   Bientôt nous aurons chaud sous un soleil de plomb. Peut-être à Paris, peut-être en Bretagne, peut-être même en Inde. Je ne viendrai pas avec vous car je suis trop petite pour une si grande aventure, et parce que j'ai envie que tu me racontes tout ça de ta bouche, ce sera aussi bien que de l'avoir vu de mes propres yeux, tout ce bonheur. C'est fou. C'est fou d'être heureux pour quelqu'un. je suis heureuse pour toi. T'es belle, tu cries parfois un peu trop fort mais tu rayonnes, nuages ou pas. Tu fais la pluie ou le beau temps, ici et ailleurs. J'ai envie d'aller voir ailleurs, avec toi. Tu sais, tout ça... quand on en a marre, quand on est fatiguées, le temps d'une soirée, d'une nuit, d'une année entière. 
   C'est la première fois de ma vie que je vis si bien cet épuisement. Comme un bon footing : avec toi, j'ai couru partout dans les rues de Paris et je suis salement épuisée. Salement heureuse. Il nous reste quelques route à parcourir, oh, trois fois rien : tout Paris, la province, toute l'Europe et le monde entier. Il nous reste assez de temps pour en faire le tour deux ou trois fois.


   Je t'aime. Pas comme je n'ai jamais aimé, mais comme je devrais aimer chaque jour où je me lève. Le plus beau cadeau du monde : la vie, que tu sais m'offrir sur un plateau d'argent, alors même que dans le ciel il n'y a aucune étoile.

PS : il est sept heures neuf, j'ai le hoquet. Peut-être que les coucous sont moins bourrés que moi, mais moi je suis heureuse.

21 avril 2013

1295.

Michel Astrapas et Eutychios - Dormition de la Vierge, église de la Périblepto, Ohrid, Macédoine (in situ)


 Zhao Mengfu - Couleurs d'automne sur les monts Qiao et Hua, rouleau horizontal,
encre et couleurs sur papier, Musée National du Palais, Taipei


Carreau en céramique lustrée, Sultanabad, Iran, Musée de San Francisco.


Giotto - Saint François d'Assise recevant les stigmates, musée du Louvre



Le silence.

   Le silence est l'arme du fort, la faiblesse du faible. Mais tu es tellement silencieux que je ne sais pas si tu es faible ou fort. Moi mon silence, c'est ma parole. J'ai beau tout te dire, tu ne réponds jamais. Mais j'ai l'impression ce combat n'aura jamais d'issue. Alors y gagnera-t-on un jour, à rester ensemble ..?

   J'ai aimé quelqu'un qui n'existe plus.
   Aujourd'hui j'aime quelqu'un que je pense deviner. Aimer le néant c'est destructeur. Je m'y perds. J'ai envie d'aimer quelqu'un de concret. Sinon, j'ai l'impression de ne pas exister.

12 avril 2013

J'veux du soleil !

   Que m'importe votre tour Eiffel, vos bars et les stars qui y passent si ici, la nuit, en plein centre ville, on voit les étoiles ? Je m'ennuie pareil ici qu'ailleurs alors autant s'ennuyer sous la transparence du ciel qui scintille la nuit et réchauffe chaque matin. Les belles choses ont une fin, mais aussi un recommencement. Moi, je recommencerai a vivre un jour a quelques kilomètres de la mer. Ça remplacera celle qui coule goutte à goutte de mes yeux dans les trains qui partent vers le nord. Je voudrais passer mes nuits dans quatre murs faits de cette pierre calcaire beige qui a la couleur du sable tous les jours de l'année. Les jours de pluie y sont aussi nombreux que les jours de neige dans la capitale. Le sol n'y est pas creusé par ces vers électriques géants qu'ils appellent joliment "métropolitain". Il y a les Platanes, mes innombrables amis d'enfance. Il y a peu de neuf ; la nouveauté est l'apparat des pauvres gens qui s'ennuient. Moi, je ne m'ennuierai pas à noircir au soleil, à me saouler sans trop vider mon porte-feuille, à pouvoir surfer entre l'Espagne et l'Italie quand j'en aurai marre de zoner à Palavas. Riez, parisiens. Riez de mes désirs d'enfant, et de mes rêveries de grand-mère. C'est simplement qu'ici je me sens à la retraite à ne rien devoir à personne. Je n'en devrai qu'à mon bonheur, à mon calme et mon sourire. J'en ai assez de crever de jalousie devant ces demoiselles en sandales et short au mois d'avril, assez de craquer devant chaque jeune homme qui accentue ses "e" a la fin de ses phrases, marre de millimétrer mes week-ends alors que cela pourrait devenir mon quotidien.