La nausée s'enfuit aussi vite que le souvenir
quand on oublie le goût qu'on les composantes de mon repas habituel
une morsure, un baiser
que faire de toutes ces nuits, maintenant ?
il y a bien des heures que j'ai tout oublié
tout flanqué à la porte
tout cassé en mille morceaux
les heures se heurtent à mes chevilles
et je cours mais je ne m'enfuis plus.
l'entité - j'aime bien ce mot, il me rappelle un temps perdu
à te palper le dos dans ton sommeil - se brise
plus vite
plus fort
comme un ascenseur qui chute vers le haut
j'aimerais que ce soir, comme hier, comme demain, comme vingt ans auparavant
tu entendes enfin mes gémissements doux, ceux d'une gamine
haute comme trois pommes, mangeant trois poires
sur une armoire
à moitié nue
tombée des nues
sans autre excuse
que sa blouse blanche
et ses talons
trop grand pour elle
(car ils étaient à sa maman).
Pardon ! je m'égare comme la lune ce matin
qui somnolait au coin du ciel, juste au dessus
d'une centaine d'âmes endormies dans du béton
je pars encore, excusez moi
allons chercher Alice dans les bois
car le pays des merveilles n'est rien d'autre qu'un sous-sol
les vers de terre me rentreront par le nez et me sortiront par la bouche le jour de mon autopsie
même si au fond, je n'aurais pas voulu donner mon corps à la science
j'ai oublié de l'écrire sur mon testament
passez moi un stylo
donnez moi une feuille blanche
je ne tracerai que quatre lettres dessus
les uniques courbes d'un long voyage
le train a déraillé
sortons du wagon
aidez-moi, j'ai mon talon coincé
- eh oui, je porte toujours les chaussures à maman... -
ne me laissez pas seule
je vais crever de faim
avec un ulcère au foie
une otite au coeur
et un cancer des ongles
et un petit chat sera là, en train de me zieuter comme si j'étais une belle souris verte
vomie par un ouragan venu de l'est
petit chat, mange moi, croque moi un orteil
le petit chat reste assis, là à me regarder.
20 mai 2010
19 mai 2010
Pour Julie.
Comme la plus belle de toutes
tu as cet air si incertain
une bouche remplie d'un éternel matin
qui déborde au coin de tes lèvres comme si on s'était embrassées la veille
tu as les yeux vermeils de fatigue
tu cries plus fort à chaque réplique
tu pars ce soir, tu pars demain
et j'espère que tu rat'ras le train
à l'aube sur le parvis d'une église
nous finirons une dernière fois, une énième fois
une bouteille déjà vidée depuis la veille
qui nous fera monter les larmes aux yeux
les yeux aux cieux
et le réveil sonnera avant qu'on soit couchées...
tu as cet air si incertain
une bouche remplie d'un éternel matin
qui déborde au coin de tes lèvres comme si on s'était embrassées la veille
tu as les yeux vermeils de fatigue
tu cries plus fort à chaque réplique
tu pars ce soir, tu pars demain
et j'espère que tu rat'ras le train
à l'aube sur le parvis d'une église
nous finirons une dernière fois, une énième fois
une bouteille déjà vidée depuis la veille
qui nous fera monter les larmes aux yeux
les yeux aux cieux
et le réveil sonnera avant qu'on soit couchées...
18 mai 2010
Camille.
Je n'ai jamais su tout oublier, tout laisser tomber, tout jeter, tout
foutre en l'air ne serait-ce le temps d'une soirée; sauf avec toi. Ta
voix calme, tes yeux de chat, tes belles lèvres qui me disent tout
doucement des choses apaisantes ou à mourir de rire, tes yeux qui
pleurent de joie ou de rage, tes mains qui tiennent les miennes ou une
fine cigarette sont pour moi les étincelles de la fin d'un parfait
échappatoire que j'ai laissé passer inconsciemment. Nous ne nous
reverrons plus dès juillet, et c'est comme si c'était déjà maintenant
car la fin de l'année n'est pas la meilleure période pour profiter de
toi. Jamais plus je ne prendrai autant de plaisir à descendre du
whisky-coca dans un coin de ruelle qui pue la pisse de clochards, jamais
plus je n'irai danser au Rockstore avec la folle envie de te voir
bouger au rythme des basses comme si tu était la seule chose vivante qui
restait sur terre à mes yeux, plus jamais je ne profiterai de tes fins
doigts qui me roulent un cigarette aussi fine qu'une brindille sur
l'esplanade sous un soleil brulant, et bientôt même nos cafés communs du
vendredi matin serons terminés. Tu me manques déjà comme me manquerait
une personne avec qui on a envie de partager non seulement le bonheur
mais aussi le chagrin, comme un journal intime, comme un coup de foudre
qu'on ne revoit pas.
Oui, je n'ai pas su consacrer plus de temps à toi et à ton entourage, surement, est-ce là toute l'erreur, mais c'est une faute irréparable, et comme toutes celles que j'ai faites, elle me fait mal. J'aurai besoin de te voir, et c'est pour cela que je ne mangerai pas les midis de l'an prochain, pour me payer un billet de train une fois par mois et venir passer une nuit avec toi, avec les autres, une nuit où je serai heureuse comme je n'ai jamais appris à l'être.
Oui, je n'ai pas su consacrer plus de temps à toi et à ton entourage, surement, est-ce là toute l'erreur, mais c'est une faute irréparable, et comme toutes celles que j'ai faites, elle me fait mal. J'aurai besoin de te voir, et c'est pour cela que je ne mangerai pas les midis de l'an prochain, pour me payer un billet de train une fois par mois et venir passer une nuit avec toi, avec les autres, une nuit où je serai heureuse comme je n'ai jamais appris à l'être.
09 mai 2010
Des dieux marins.
Je n'aime pas les mouettes. Par jalousie. Parce que ces bateaux ailés
vivent au dessus-de la mère, la bien-aimée matrice qui engloutit chaque
noyé de larmes entre ses cuisses moites et salées comme après un coït
sans le moindre reste d'amour. Elle finit par gober des milliers de
fous, qui ont chuté ivres morts de sentiments incontrôlables dans le
trou noir de leur cœur, si rongé déjà, au moment où ils ont découvert
leur existence. L'eau salée, douce et vicieuse les caresse de ses
habitants, si réconfortants : des algues, des petits poissons qui
tourbillonnent autour, quelques oursins qui chatouillent gentiment les
chevilles, des étoiles de mer qui font croire au ciel déjà tué à cause
des yeux pleins de sel, morts eux aussi. Les noyés vivent ainsi dans la
pénombre de la lave bleue, noire, gisante dans les intestins, le sexe,
les oreilles, entre les orteils, jusqu'à ce qu'elle s'infiltre enfin
dans la tête puis descende dans le cou, passe derrière les clavicules et
atteigne enfin notre petit moteur, qui freinera alors doucement sa
cadence pour ne faire qu'un avec les vagues. Et des années, des
centaines d'années plus tard il ne restera du noyé que quelques bouts de
marbre vivant, qui sera rejeté, par une forte tempête sur la plage. Les
mouettes, elles, sont au-dessus de tout ça.
Voilà, maintenant tu connais la véritable nature d'un coquillage.
Voilà, maintenant tu connais la véritable nature d'un coquillage.
27 avril 2010
Paris.
Paris, 22 avril 2010; vers 15h40.
Sorties du RER B après une heure de trajet passée auprès d'un femme obscène qui écartait les jambes alors qu'elle était vêtue de collants et d'un homme âgé qui ressemblait à un smiley géant, nous sommes descendues à Châtelet-les-Halles. N'ayant pas d'argent, on a résisté aux H&M et compagnie et on s'est dirigées vers la place centrale des halles pour fumer une clopounette face à un cylindre géant tagué de petits bonshommes noirs sur fond blanc s'appelant Sacha, Robine et Pelle, entre autres. Ensuite on est allées bouffer au Macdo place DuBellay : un McChicken et une frite chacune. On n'a pas pu résister tout de suite après à l'envie de fumer encore à la fontaine des innocents, et même si on s'est faites traiter de lesbiennes, on a bien digéré.
En se dirigeant vers Notre-Dame on s'est dit qu'à l'Happy hour on irait au Bého. Puis, on s'est calées au square de la Tour Saint Jacques où l'odeur des fleurs nous a une fois de plus fait sortir nos cigarettes.
Nous attendant, Notre-Dame, toujours aussi vieille, belle et gracieuse, nous a invité pour la énième fois à la prendre en photo. On s'est promenées au bord de l'eau pour s'asseoir sur un reste de banc, et pour que je la prenne en photo, et pour qu'elle me lise des histoire, et pour fumer une millième fois... Au bout d'une heure, ou une seconde - je ne me repère plus dans le temps quand je suis avec elle - nous avons marché cinq longues minutes jusqu'à ce minuscule parc situé tout au bout de l'ile de la Cité. Là, nous nous sommes allongées dans l'herbe pour se reposer, aller sur Facebook changer nos statut grâce à son iPhone et manger une savoureuse plaquette de chocolat Ritter noir noisettes. A quinze heures nous sommes parties et c'est au moment précis où on s'engouffrait dans les escaliers qui mènent au pont qu'une bombe à eau vint nous rafraichir. On a bavé sur les vieux livres des quais de la Seine et j'ai failli acheter un pièce de Sartre mais je me suis dit que je ne pourrai pas me payer mon Cosmopolitain au Beho.
Et là on y est, on boit nos breuvages rouges, on finit d'écrire notre journée, et je l'aime.

Sorties du RER B après une heure de trajet passée auprès d'un femme obscène qui écartait les jambes alors qu'elle était vêtue de collants et d'un homme âgé qui ressemblait à un smiley géant, nous sommes descendues à Châtelet-les-Halles. N'ayant pas d'argent, on a résisté aux H&M et compagnie et on s'est dirigées vers la place centrale des halles pour fumer une clopounette face à un cylindre géant tagué de petits bonshommes noirs sur fond blanc s'appelant Sacha, Robine et Pelle, entre autres. Ensuite on est allées bouffer au Macdo place DuBellay : un McChicken et une frite chacune. On n'a pas pu résister tout de suite après à l'envie de fumer encore à la fontaine des innocents, et même si on s'est faites traiter de lesbiennes, on a bien digéré.
En se dirigeant vers Notre-Dame on s'est dit qu'à l'Happy hour on irait au Bého. Puis, on s'est calées au square de la Tour Saint Jacques où l'odeur des fleurs nous a une fois de plus fait sortir nos cigarettes.
Nous attendant, Notre-Dame, toujours aussi vieille, belle et gracieuse, nous a invité pour la énième fois à la prendre en photo. On s'est promenées au bord de l'eau pour s'asseoir sur un reste de banc, et pour que je la prenne en photo, et pour qu'elle me lise des histoire, et pour fumer une millième fois... Au bout d'une heure, ou une seconde - je ne me repère plus dans le temps quand je suis avec elle - nous avons marché cinq longues minutes jusqu'à ce minuscule parc situé tout au bout de l'ile de la Cité. Là, nous nous sommes allongées dans l'herbe pour se reposer, aller sur Facebook changer nos statut grâce à son iPhone et manger une savoureuse plaquette de chocolat Ritter noir noisettes. A quinze heures nous sommes parties et c'est au moment précis où on s'engouffrait dans les escaliers qui mènent au pont qu'une bombe à eau vint nous rafraichir. On a bavé sur les vieux livres des quais de la Seine et j'ai failli acheter un pièce de Sartre mais je me suis dit que je ne pourrai pas me payer mon Cosmopolitain au Beho.
Et là on y est, on boit nos breuvages rouges, on finit d'écrire notre journée, et je l'aime.
19 mars 2010
13 mars 2010
Heaven.
Ils nous ont largué dans les
petites ruelles près du Circus, "pour s'amuser", sauf que c'était pas
drôle, car ils ont embarqué le shit et ne nous ont plus jamais rappelé.
Nous étions trois, dans la nuit parsemée de coups de vent glacial, et
nous n'avions plus rien à perdre. Lola a dit : "on va au Heaven" et
Clémence et moi avons acquiescé.
Trois minutes plus tard, plantées devant le bar, clopes au bec mais sans briquet, on a mendié pour avoir un peu de feu. Elles finissaient déjà leurs cigarettes et moi, comme d'habitude, il me restait encore quelques lattes. J'ai tiré dessus encore deux fois, puis en la jetant j'ai dit "on y va".
Il n'y avait presque pas de monde, surtout des hommes qui se collaient et se pelotaient entre eux; on s'est posées dans le coin le plus reculé de la boite et nous avons commencé à nous déshabiller, la chaleur était insupportable. Je n'ai pris qu'un shooter, j'avais pas d'argent et je n'aime pas la bière, c'est bien connu. Et puis nous avons commencé à danser. A tout oublier. Maxence, la drogue, Hélène, cette soirée, l'absence d'Eleonor. Nous dansions comme pour la première et la dernière fois, nous étions trois, seules au monde, au milieu d'une foule de pédés, c'était drôle. Deux fois on nous a fait comprendre très explicitement qu'on était excitantes à trémousser notre boule comme des petites connes. Deux fois, on a ri à cause de ça, mille fois on a ri à cause d'autres choses. C'était libérateur.
Parties vers minuit dix, on a essayé d'appeler Cécile qui s'était barrée mais qui devait dormir chez Clem, avec nous. Elle ne viendrait pas. Alors, nous avons ri, parce qu'il nous fallait personne, nous étions toutes les trois les plus puissantes du monde.
Trois minutes plus tard, plantées devant le bar, clopes au bec mais sans briquet, on a mendié pour avoir un peu de feu. Elles finissaient déjà leurs cigarettes et moi, comme d'habitude, il me restait encore quelques lattes. J'ai tiré dessus encore deux fois, puis en la jetant j'ai dit "on y va".
Il n'y avait presque pas de monde, surtout des hommes qui se collaient et se pelotaient entre eux; on s'est posées dans le coin le plus reculé de la boite et nous avons commencé à nous déshabiller, la chaleur était insupportable. Je n'ai pris qu'un shooter, j'avais pas d'argent et je n'aime pas la bière, c'est bien connu. Et puis nous avons commencé à danser. A tout oublier. Maxence, la drogue, Hélène, cette soirée, l'absence d'Eleonor. Nous dansions comme pour la première et la dernière fois, nous étions trois, seules au monde, au milieu d'une foule de pédés, c'était drôle. Deux fois on nous a fait comprendre très explicitement qu'on était excitantes à trémousser notre boule comme des petites connes. Deux fois, on a ri à cause de ça, mille fois on a ri à cause d'autres choses. C'était libérateur.
Parties vers minuit dix, on a essayé d'appeler Cécile qui s'était barrée mais qui devait dormir chez Clem, avec nous. Elle ne viendrait pas. Alors, nous avons ri, parce qu'il nous fallait personne, nous étions toutes les trois les plus puissantes du monde.
A l'arrêt de tram on croise de vagues potes.
Dans ce tram, qui a mis un putain de temps à arriver, un clodo puant et vulgaire a fait chier Lola "la fille trouée" avec un trou dans son leggings et un autre dans sa lèvre. Rémi et les deux autres nous sont venus en aide, on a bougé jusqu"à l'autre coté du tramway et nous sommes tous les six littéralement rentrés en symbiose. Lola a commencé à parler de catch avec Rémi, Clém a dit des conneries à Fabrice, et moi j'ai raconté la vie de mon rat à Jonathan que j'ai renommé Jerry à cause de mon ex.
En rentrant chez Clémence on s'est calés autour de la table, un verre de chocolat au lait froid dans la main. On a sorti le Pastis à 42 degrés, la binouze, la crème de cassis. Jerry connaissait Jade, il connaissait "oh, baby", il nous a parlé de verres à shooter et de Lady Gaga.
Nous nous sommes mis sur le canapé pour regarder un film, Clémence a mis La Marche de l'Empereur mais tout le monde, après cinq minutes d'hilarité totale, a protesté et on a finalement regardé le porno érotique super mal joué de NT1. Puis Fabrice s'est cassé. Clémence est allée pioncer. Nous quatre, finalement on s'est endormis devant le DVD de Mars Attacks! et Jerry et Remi sont partis à 4h30, refusant de dormir sur place.
Le matin, sur la terrasse, en train de fumer Lola me dit : "mais putain, il est moche ton pantalon vert, je ne sais pas comment t'as fait pour te faire draguer avec ça". J'ai ri, intérieurement, parce que je l'adore, ce futal.
Dans ce tram, qui a mis un putain de temps à arriver, un clodo puant et vulgaire a fait chier Lola "la fille trouée" avec un trou dans son leggings et un autre dans sa lèvre. Rémi et les deux autres nous sont venus en aide, on a bougé jusqu"à l'autre coté du tramway et nous sommes tous les six littéralement rentrés en symbiose. Lola a commencé à parler de catch avec Rémi, Clém a dit des conneries à Fabrice, et moi j'ai raconté la vie de mon rat à Jonathan que j'ai renommé Jerry à cause de mon ex.
En rentrant chez Clémence on s'est calés autour de la table, un verre de chocolat au lait froid dans la main. On a sorti le Pastis à 42 degrés, la binouze, la crème de cassis. Jerry connaissait Jade, il connaissait "oh, baby", il nous a parlé de verres à shooter et de Lady Gaga.
Nous nous sommes mis sur le canapé pour regarder un film, Clémence a mis La Marche de l'Empereur mais tout le monde, après cinq minutes d'hilarité totale, a protesté et on a finalement regardé le porno érotique super mal joué de NT1. Puis Fabrice s'est cassé. Clémence est allée pioncer. Nous quatre, finalement on s'est endormis devant le DVD de Mars Attacks! et Jerry et Remi sont partis à 4h30, refusant de dormir sur place.
Le matin, sur la terrasse, en train de fumer Lola me dit : "mais putain, il est moche ton pantalon vert, je ne sais pas comment t'as fait pour te faire draguer avec ça". J'ai ri, intérieurement, parce que je l'adore, ce futal.
Inscription à :
Articles (Atom)
