Borgne, ton souvenir en moi s'évapore comme cette larme acide laissée
au creux de ton âme aime chaque instant en moi ta lame git sous ma peau
fraîche quelle importance ont toutes les autres fois les autres voix
qui s'enroulent dans des yeux sensés n'aimer que la pluie qui s'évade
sur les champs de blé qui ornent ta peau teintée d'un coucher de soleil
qui ne se couche jamais puisque tu sens l'aurore qui s'échappe par ta
bouche, sensuel tu mens en ne me disant que ce que tu peux dire avec des
mots malades de fuir tes désirs vastes plaines de fleurs d'automne qui
ne vivent que de mes soupirs qui t'enivrent lors des nuits parsemées de
baisers plus doux que tes paupières qui s'endorment sur mon sein les
soirs de pleine lune.
26 décembre 2009
10 décembre 2009
Un bout de future suite.
Le vent gris et puissant brassait la pluie nihiliste qui s'abattait
tant bien que mal sur tous les toits de ce monde. Le soleil, englouti
jusqu'au plus profond de notre souvenir, blanchissait un paquet de
nuages quelque part au dessus de la tour de la Babotte. Pas un arbre ne
poussait dans les alentours, et pourtant on croyait voir de toutes parts
des tourbillons de brises qui faisaient valser des feuilles automnales.
Louis, ne sachant où aller par ce temps qu'on a vite envie d'oublier,
se laissa mener par ses pas devant l'immeuble de cinq étages où il était
venu la veille. Son nom de famille... Il y avait cinq sonnettes, il
appuya sur celle qui était située le plus en haut car Kryzstof habitait
au cinquième.
02 novembre 2009
La dernière phrase de notre TPE.
« Dans le surréalisme, la femme aura été aimée et célébrée comme la grande promesse, celle qui subsiste
après avoir été tenue. »
André Breton
après avoir été tenue. »
André Breton
23 octobre 2009
Ce sont de fausses vacances.
Douce mélodie de jazz dans les oreilles, le bus tournera au prochain carrefour, lorsque le solo de piano arrivera à sa fin et que la contrebasse reprendra le rythme en mains. Il pleut, comme depuis trois soirs, et j'ai encore oublié mon parapluie. Je suis obligée de dessiner une petite fenêtre toutes les dix minutes sur la vitre, à cause de la buée qui se dégage des bouches bavardes de vieilles femmes. Je crois que je descends au prochain. Les gouttes de pluie ont décidé, depuis quelques instants - la contrebasse a d'ailleurs repris sa mélodie - de tomber de plus belle de ce ciel éternellement gris. Dans peu de jours, il fera complètement sombre lorsque je prendrai ce même bus qui m'emmène fidèlement à un arrêt non loin de chez moi , comme depuis le début de l'année. La brise glaciale me chuchote déjà les premiers vers de ce long poème écrit à l'encre blanche qu'est l'hiver.
Monet - Boulevard des Capucines, 1873.
17 octobre 2009
07 octobre 2009
Ecriture automatique.
Quatre fois violence sache que tu craches sur la peau zébrée de l'inconscience des états d'âme des grenouilles verts sont tes yeux couleur or et peau et bois ébène sont tes lèvres muqueuses douces et sous l'eau coulent les sacrées sucreries de ton amour pour moi chante moi quelque chose chante moi tes baisers doux tes étreintes de l'automne dernier : feuilles orangées valsant sur la chaussés et moi seulement chaussée du fruit de ton amour bien pâle est l'iris de ce ciel bleu souris souris moi encore tes dents ta langue passant sur mon cœur le mordant le pressant contre ta bouche féline, tigre, griffes détraquées s'attaquant en silence à la peau charmante de mon dos tu joues du piano du piano du piano tout nu sur ta chaise tu joues a m'éviter ta tendresse s'échappe de chaque note et la pluie jalouse de tes doigts ne daignera pas ce soir tomber du ciel.
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