jeudi 27 septembre 2018

Le bail.

Moelleux toits du monde que son tes tétons
Que je grimpe tous les soirs où les malheurs s'en vont.
Je jauge les journées qui ne sont pas nôtres
Je juge nos désirs qui ne sont pas neutres

Melasse de hameaux
Que sont tes mots
Pour mon coeur

Moelesse
De tes dents
Qui effleurent
Mon corps

Douceurs
Des audaces
Que l'on se crie
Dans les côtes

Beautés
Des ardeurs
Que l'on s'écrit
À pas d'heure

Mortels sont les cils
Qui clignent à tes ouis -
Margelles qui grignottent
L'émoi de nos oublis

J'inspire à grands pas
Les râles de ta gorge
J'aspire à grimper
Les moi qui t'égorgent,
Qui t'enlacent
À chaque case
Que je pensais -
Ne jamais -
Pouvoir enjamber

Je te saute au coup,
Par à coups, en sursauts,
Je te zieute : je recouds
Les nons qui m'ont sciée

Je franchis à pieds joints
Les volutes de tes humeurs
Je cours, je m'accroche
Au Toi de mon monde,
Aux toits de mon coeur

Double croche aux allures des
Desseins du Bonheur

jeudi 20 septembre 2018

vendredi 7 septembre 2018

Achever

Parler et dire
mettre des mots sur les serpents
Les serpents muent

Je ne m'use mais me mue
En ce que je n'ai encore jamais été

Parce que c'est l'été indien
Dans trois semaines
Jusqu'au bout de la vie

jeudi 6 septembre 2018

Bientôt

Sinon j'oublierai l'odeur de ta peau, la lisseur des rondeurs de ton dos, le goût de tes phalanges et leur pression sur mes hanches. J'ai cabossé ta sérénitude, j'ai fait suer ta confiance, j'ai bu du poids du monde sur mes trapèzes qui ont craqué sous le silence. Tes risées scient mes neurones, je broie du noir comme au charbon et j'entends d'ici l'automne me chuchoter du vent.
Je cartographie ma colère en bégayant mes peurs, je n'oserai jamais dire l'épaisseur de mes chevilles, je tiens de bout à peine ; de peine, c'est pas la peine d'aller vers demain verser les larmes dans tes deux mains, ais-je assez de charge pour te pousser à bout de mes histoires à dormir debout (?
) ma torpeur est frivole, je m'écroule sous mes propres paroles je dis ce que je pensais ne pas croire et ne pas voir du matin jusques au soir. Chat-souris avec chat qui sourit
Jaune
Je suis jaune de mon coeur comme une feuille d'automne.
Que tu me pardonnes les milliers de fois ou je marche en titubant en m'affalant dans tes grands bras
Je brasse l'air de ma colère
Je brise l'ère de mes envies
Je frise les crises d'hystérie
Je t'envie
D'avoir
Le pas sur mon dos rond.

mercredi 5 septembre 2018

Rentrée de la casse.

Il y a des fois t’y peux rien, parfois ça ne s’avale pas, ça s’agglutine et s’accumule dans tes côtes ton entrejambe et tes poumons telle la poussière de sable qui grince entre tes dents et tes pages de bouquin lorsque l’été passe derrière le rideau des mois aux courants d’air, les « bre » sur le bout de la langue, et toi, ta langue gonflée qui te fait mal et qui est moite, qui boite, qui ne sait plus dire ce que tu as envisagé de beau pour ces prochaines semaines, pour l’hiver venant, pour le reste de cette vie.


Les doigts roucoulant sur le clavier à s’exprimer à des dizaine d’adresses ajourées d’un « a » en tourbillon ne font que s’enkyster de peines, de crampes, aboyant sur le plastique des touches des « cordialement » trop bien écrits.


J’avais le courage, il y a encore quelques jours d’écrire des milliers de lettres, d’apprendre les alphabets de toutes les langues, d’user ma collection de stylos plumes. Je suis déplumée, désormais, je suis vide, je suis molle, je suis suintante, rugueuse et acerbe même lorsque tes mains me touchent avec leur douceur infinie. Mes yeux s’embuent à chaque instant et cela me fait terriblement mal de savoir que demain encore je devrai me rabibocher avec le métro, avec mon micro-ondes, avec les nouveaux stagiaires.


J’ai le sentiment que du lundi au dimanche la vie se visse en moi comme dans un pas de vis sans fin. Je suis lacérée par les « di » de tous les jours de la semaine, par le réveil qui sonne chaque matin en m’arrachant à la chaleur de ton dos, et même, déjà, par les mois de vide qui vont arriver et engloutir toutes les bribes de confiance que j’ai accumulées vingt derniers mois entre mes mèches de cheveux.


Même eux, je les perds, par poignées.


Je suis chauve, échevelée de fatigue, vidée de la beauté du monde


Et ma langue, je pourrais l’avaler avec mes peines que j’en aurais pas le ventre moins lourd.