vendredi 28 mai 2010

Petits trous.

Labret !


http://hazel.cowblog.fr/images/IMG8223.jpg(non ne vous inquiétez pas, je ne mets pratiquement jamais le septum, c'est juste pour me la péter, là.)

mardi 25 mai 2010

Toujours mardi.

Plus aveugle encore que la terre entière
c'est les yeux fermés que je te lis sans cesse
tu dis les choses comme si elles n'étaient pas à moi
comme si elle n'étaient pas tout court
J'oublie parfois ton prénom
comme on oublie l'heure qu'on regarde trop rapidement
j'oublie tes lèvres
tu te meurs
et je me meurs avec toi
sous tes éternels silences
ton éternel soupir
ton dernier je t'aime
qui résonne comme un vague souvenir
tu m'as aimée
mais qu'aimes-tu à présent ?
aimes tu le cadavre gisant dans chacune de tes larmes
aimes-tu ce squelette vide de tout
vide de toi ?
Tu ne l'aime pas.

Ça tombe bien, ce n'est plus moi.
Je suis ailleurs.
je suis l'être à part entière
sans sens
sans but
une véritable anacoluthe
que tu as jadis ramassé non loin du toit du Corum
et à qui tu as dit : sauve moi !
Et moi, aurais-je le droit un jour
à être sauvée de rien, de nulle part ?
Y aura-t-il encore un jour sans larmes
sans lames dans le coeur ?

Tu te tais. Tu t'es toujours tu.
Tu as englouti le silence jusqu'à la pire des nausées
et tu l'as vomi sur moi, en quelques phrases
j'aimerais te reprocher tous les mots du monde
mais je n'ai plus la force de m'entretenir au passé
je te veux neuf, encore sans vie
histoire de t'embrasser contre ton gré
je te veux vide
vide de moi
afin de te remplir d'un éphémère et non d'une chair trop collante
je serai froide comme la plus belle neige
brulante comme le charbon du narguilé

veux-tu seulement un jour
connaitre ce bonheur auquel tu n'as jamais vraiment gouté ?
Alors vas, dessèche toi, tue toi à petit feu, dans un studio crade,
une bière à la main, un vinyle neuf tournant dans le vide
ennuie toi
car c'est ton ennui qui nous tue
c'est moi l'ennui c'est toi le tu.
Meurs, meurs sans regrets
Meurs comme il y a 22 mois, lorsque tu n'avais rien à perdre.

Mais rappelle toi, avant le pas dans le vide
mon sein gauche et droit
et reviens moi.

lundi 24 mai 2010

2.

Le mardi ivre s'écroule sur moi
et l'haleine de mort qui s'échappe de sa gorge
m'a paralysé
comme un cigarette, allumée trop vite
fumée trop rapidement
jetée avec regret.

Le mardi ivre sur moi
se rue comme la tempête
m'enroule de ses nuages et de ses branches visqueuses

le mardi ivre sur moi
grimpe comme un insecte
parasite de tous temps
affreuses vingt-quatre heures

le mardi, cet ami, ce traitre
se tue à me dire au creux de l'oreille que le lundi est mort.

jeudi 20 mai 2010

Mardi, 15 heures.

La nausée s'enfuit aussi vite que le souvenir
quand on oublie le goût qu'on les composantes de mon repas habituel
une morsure, un baiser
que faire de toutes ces nuits, maintenant ?
il y a bien des heures que j'ai tout oublié
tout flanqué à la porte
tout cassé en mille morceaux
les heures se heurtent à mes chevilles
et je cours mais je ne m'enfuis plus.
l'entité - j'aime bien ce mot, il me rappelle un temps perdu
à te palper le dos dans ton sommeil - se brise
plus vite
plus fort
comme un ascenseur qui chute vers le haut
j'aimerais que ce soir, comme hier, comme demain, comme vingt ans auparavant
tu entendes enfin mes gémissements doux, ceux d'une gamine
haute comme trois pommes, mangeant trois poires
sur une armoire
à moitié nue
tombée des nues
sans autre excuse
que sa blouse blanche
et ses talons
trop grand pour elle
(car ils étaient à sa maman).

Pardon ! je m'égare comme la lune ce matin
qui somnolait au coin du ciel, juste au dessus
d'une centaine d'âmes endormies dans du béton

je pars encore, excusez moi

allons chercher Alice dans les bois
car le pays des merveilles n'est rien d'autre qu'un sous-sol
les vers de terre me rentreront par le nez et me sortiront par la bouche le jour de mon autopsie
même si au fond, je n'aurais pas voulu donner mon corps à la science

j'ai oublié de l'écrire sur mon testament
passez moi un stylo
donnez moi une feuille blanche
je ne tracerai que quatre lettres dessus
les uniques courbes d'un long voyage

le train a déraillé
sortons du wagon
aidez-moi, j'ai mon talon coincé
- eh oui, je porte toujours les chaussures à maman... -
ne me laissez pas seule
je vais crever de faim
avec un ulcère au foie
une otite au coeur
et un cancer des ongles

et un petit chat sera là, en train de me zieuter comme si j'étais une belle souris verte
vomie par un ouragan venu de l'est
petit chat, mange moi, croque moi un orteil
le petit chat reste assis, là à me regarder.

mercredi 19 mai 2010

Pour Julie.

Comme la plus belle de toutes
tu as cet air si incertain
une bouche remplie d'un éternel matin
qui déborde au coin de tes lèvres comme si on s'était embrassées la veille

tu as les yeux vermeils de fatigue
tu cries plus fort à chaque réplique
tu pars ce soir, tu pars demain
et j'espère que tu rat'ras le train

à l'aube sur le parvis d'une église
nous finirons une dernière fois, une énième fois
une bouteille déjà vidée depuis la veille
qui nous fera monter les larmes aux yeux
les yeux aux cieux

et le réveil sonnera avant qu'on soit couchées...

mardi 18 mai 2010

Camille.

   Je n'ai jamais su tout oublier, tout laisser tomber, tout jeter, tout foutre en l'air ne serait-ce le temps d'une soirée; sauf avec toi. Ta voix calme,  tes yeux de chat, tes belles lèvres qui me disent tout doucement des choses apaisantes ou à mourir de rire, tes yeux qui pleurent de joie ou de rage, tes mains qui tiennent les miennes ou une fine cigarette sont pour moi les étincelles de la fin d'un parfait échappatoire que j'ai laissé passer inconsciemment. Nous ne nous reverrons plus dès juillet, et c'est comme si c'était déjà maintenant car la fin de l'année n'est pas la meilleure période pour profiter de toi. Jamais plus je ne prendrai autant de plaisir à descendre du whisky-coca dans un coin de ruelle qui pue la pisse de clochards, jamais plus je n'irai danser au Rockstore avec la folle envie de te voir bouger au rythme des basses comme si tu était la seule chose vivante qui restait sur terre à mes yeux, plus jamais je ne profiterai de tes fins doigts qui me roulent un cigarette aussi fine qu'une brindille sur l'esplanade sous un soleil brulant, et bientôt même nos cafés communs du vendredi matin serons terminés. Tu me manques déjà comme me manquerait une personne avec qui on a envie de partager non seulement le bonheur mais aussi le chagrin, comme un journal intime, comme un coup de foudre qu'on ne revoit pas.
   Oui, je n'ai pas su consacrer plus de temps à toi et à ton entourage, surement, est-ce là toute l'erreur, mais c'est une faute irréparable, et comme toutes celles que j'ai faites, elle me fait mal. J'aurai besoin de te voir, et c'est pour cela que je ne mangerai pas les midis de l'an prochain, pour me payer un billet de train une fois par mois et venir passer une nuit avec toi, avec les autres, une nuit où je serai heureuse comme je n'ai jamais appris à l'être.

dimanche 9 mai 2010

Des dieux marins.

   Je n'aime pas les mouettes. Par jalousie. Parce que ces bateaux ailés vivent au dessus-de la mère, la bien-aimée matrice qui engloutit chaque noyé de larmes entre ses cuisses moites et salées comme après un coït sans le moindre reste d'amour. Elle finit par gober des milliers  de fous, qui ont chuté ivres morts de sentiments incontrôlables dans le trou noir de leur cœur, si rongé déjà, au moment où ils ont découvert leur existence. L'eau salée, douce et vicieuse les caresse de ses habitants, si réconfortants : des algues, des petits poissons qui tourbillonnent autour, quelques oursins qui chatouillent gentiment les chevilles, des étoiles de mer qui font croire au ciel déjà tué à cause des yeux pleins de sel, morts eux aussi. Les noyés vivent ainsi dans la pénombre de la lave bleue, noire, gisante dans les intestins, le sexe, les oreilles, entre les orteils, jusqu'à ce qu'elle s'infiltre enfin dans la tête puis descende dans le cou, passe derrière les clavicules et atteigne enfin notre petit moteur, qui freinera alors doucement sa cadence pour ne faire qu'un avec les vagues. Et des années, des centaines d'années plus tard il ne restera du noyé que quelques bouts de marbre vivant, qui sera rejeté, par une forte tempête sur la plage. Les mouettes, elles, sont au-dessus de tout ça.

   Voilà, maintenant tu connais la véritable nature d'un coquillage.