15 avril 2019
Notre-Dame de Paris.
08 avril 2019
Petit éloge des grandes villes.
Boulogne-Billancourt ; l'appartement de mes grands-parents est haut perché sur la carte de France, une nuit entière en train-couchette, et presque au sommet d'une tour d'où j'aperçois, dans l'obscurité, en me hissant sur la pointe des pieds, le nez écrasé contre la fenêtre à double vitrage, un ballet incessant de points lumineux.
J'adore m'y lever. Je me lève tôt, il fait souvent très gris parce que c'est l'automne ou l'hiver. Parfois il bruine. Je tourne la manivelle du volet roulant, il se détend, latte après latte en pointillés bleu nuit, j'entends, protégée par la distance, le grouillement des voitures sur le boulevard, minuscules et vibrantes présences. Je serre la ceinture de ma robe de chambre, je suis bien, dans cette feutrine douce et rose que je n'emporte jamais lorsque je quitte Boulogne ; c'est comme les chaussettes pantoufles qui montent jusqu'aux genoux, elle appartient à l'appartement surchauffé, assiégé par la ville et inaccessible au tumulte. ça sent le café. J'ouvre la porte, je frotte mes yeux éblouis par la lumière de la cuisine et aussitôt, j'appuie ma joue contre l'éponge rose du peignoir de ma grand-mère, son odeur de Soupline lavande. Café-lessive, voilà ce que sent Boulogne le matin ; ensuite elle a le gout des boudoirs amollis dans le thé, que je repêche à la cuiller, et des grosses tartines à la confiture d'abricot tranchées par mon grand-père. La petite table en formica jouxte une grande vitre qui bleuit avec le jour, constellée de traces de doigts. Je regarde pâlir les tours, je ne me rappelle plus leur nombre, la petite cité couverte de carreaux blancs gris noirs comme une gigantesque cuisine, luisante de pluie, froide, c'est joli.
Boulogne-Billancourt, c'est la permission de la vie intérieure. Je passe des heures à tourner les manivelles de boîtes à musique miniatures, collectionnées par ma grand-mère, je dessine, d'habitude le dessin m'ennuie, les feuilles directement posées sur le bulgom aux motifs moelleux ; j'appuie fort avec les feutres, de trace des bonshommes crénelés, des maisons aux murs ondulés, des vagues d'herbe, des soleils tremblotants. Le jour ne vient jamais vraiment, il me semble, ou bien c'est cette lumière terne qui oblige à allumer les lampes, halos jaunes et blancs et tièdes et rassurants. Nous sortons peu, sauf pour aller au Prisunic au pied de l'immeuble, seule,s ma cousine et moi, des piécettes plein les poches. Nous essayons des rouges à lèvres, des fards à paupières, nous appuyons sur le pschitt des déodorants, nous feuilletons des carnets à spirale, des cahiers à feuilles granuleuses, nous lorgnons sur les stylos en pochettes multicolores et sur les bagues réglables ne forme de pomme ou de coccinelle. Je n'achète rien, le plus souvent la simple idée de m'être promenée sans surveillance, dans ce supermarché plein de néons et de parfums bon marché, plutôt que d'avoir joué dehors, pour une fois, suffit à me réjouir. On nous emmène de temps en temps au Jardin d'acclimatation ou à Paris, au musée Grévin. Mais ce que je préfère c'est Boulogne-Billancourt, le quatre-pièces aux tapis doux, situé quelque part entre "route de la Reine", et "rond-point Rhin et-Danube", papiers-peints fleuris, les ampoules allumées en plein jour, le thé chaud à quatre heures avec des biscuits secs au kilo, leurs messages en relief qui se dissolvent dans mon bol - Je suis une souris, Vive les vacances, Mange ta soupe ! - et plus il fait froid dehors, plus il pleut, plus il fait nuit tôt, lumières orangées et lointaines des lampadaires, des phares, cassette Walt Disney dans le salon ou projection de film maison en super-huit, le corps savonné passé dans un pyjama pelucheux, plus c'est douillet, plus c'est des vraies vacances, Boulogne-Billancourt.
22 mars 2019
Étoile filante.
Même les étoiles s'éteignent un jour. Je vacille. Encore combien de temps avant que je file telle une paillette vers le néant ?
14 mars 2019
Si Bah
J'y arriverai pas
J'y arriverai pas
Ces gens dans le métro qui on la gueule en sourire
De mon coeur
De mes zébrures
Good day ?
Dunno
Je ne parle pas aux anglais
Je ne parle pas, même avec des anglaises
Je ne suis même pas coiffée...
Veux-tu ?
Je suis amovible
Je suis immobile
Je roule sur les platanes comme ton stylo bille
Tu désignes quoi ?
Pointes-tu vers là
Où l'on ne te visera pas ?
Les bagarres
Valent-elles
Les drastiques douceurs de tes pleins phares ..?
Penchant vers les œdèmes
De la vile chaleur des villes de ta flemme
Tourne. Je tourne avec toi.
Veille,
Fourbe
Brise les écris les écrins les écritures
Pour avaler ta grasse friture
Garniture de ma vie
J'y arriverai pas
J'y arriverai pas
Ici-bas.
05 mars 2019
Étoile filante.
Erreur de parcours,
Casier judiciaire,
Un oubli qui dure dix minuites
Sera plus long la prochaine fois
Tu as vu ce volcan que je suis quand tu me desarmes
J'y ai cru. Que le monde pouvait être éternellement doux comme un coussin.
Je ne suis plus la seule étoile de tout ton ciel. Je suis peut être la plus brillante. Mais les étoiles palissent et je vais tomber un jour. Comme une étoile filante.
Le ciel est grand.
Plus grand que le monde de l'innocence.
Je devrais manger tout les mots qui me scient les gencives. Je voudrais m'étouffer avec. Je voudrais que tu m'étouffes une nuit avec un coussin, jusqu'à ce que je ne respire plus. Tu pourras partir en paix après, où tu voudras. Aujourd'hui tu m'as sur ta conscience comme une laisse. Laisse moi alors. Perds toi seul mais ne m'égare pas avec toi.
24 février 2019
Lettre de fin d'amour
Évidemment, rien de très grave, rien de très alarmant, puisque nous savions toujours danser et que nous n'arrêtions jamais de parler. Mais tout de même. Il y avait une portion de route sacrément en pagaille, sacrément chamboulée.
Et cet hiver, je piétinais méchamment les pointillés de toi à moi.
Il était temps de changer de cap.
Je t'aurai avalé tout cru.
ma gratitude pour ce qui a été
11 février 2019
Ver.
Je hais certaines soirées comme celle-ci.
Je hais le vide interstellaire de ma paresse de ma passivité de mon courage de mes ambitions,
Je déteste la vitesse à laquelle les minutes me rapellent mon inutilité
Je me sens nuisible insecte, chatte obèse, sac plastique embroché sur les branches d'un arbre.
Je prie depuis des heures pour avoir sommeil
Mais que je lise, que je pleure, que je me touche, que je bouffe ou que je scrolle twitter rien n'y fait.
L'inexistence de cette journée me tord telle un seprent qui vient de se faire arracher la tête
Je suis la flaque d'eau qui reste encore sur le bitume après deux jours de soleil,
Je suis le pot de yahourt mal terminé qui commence à dégager une odeur âpre.
Je suis impirtune, génante, flasque.
Il est 1h32 et ce que je voudrai faire demain ne se fera pas par manque de temps
Le temps de me dire que je peux, que je dois, que je vais.
Je piétine toutes mes envie avec mes pieds enflés
Je sens que même la nourriture ne veut pas s'affaisser dans mon oeusophage
Rien ni personne ne veut cotoyer le minable amas de peau que je suis
Je n'éprouve à mon égard qu'une viole te répugnance
Je ne pleurerai pas, ce serait trop d'apaisement à me donner
Je ne serai donc que le parasite qui se terre à ce deuxième étage
Jamais papillon.
