Même les étoiles s'éteignent un jour. Je vacille. Encore combien de temps avant que je file telle une paillette vers le néant ?
22 mars 2019
Étoile filante.
Même les étoiles s'éteignent un jour. Je vacille. Encore combien de temps avant que je file telle une paillette vers le néant ?
14 mars 2019
Si Bah
J'y arriverai pas
J'y arriverai pas
Ces gens dans le métro qui on la gueule en sourire
De mon coeur
De mes zébrures
Good day ?
Dunno
Je ne parle pas aux anglais
Je ne parle pas, même avec des anglaises
Je ne suis même pas coiffée...
Veux-tu ?
Je suis amovible
Je suis immobile
Je roule sur les platanes comme ton stylo bille
Tu désignes quoi ?
Pointes-tu vers là
Où l'on ne te visera pas ?
Les bagarres
Valent-elles
Les drastiques douceurs de tes pleins phares ..?
Penchant vers les œdèmes
De la vile chaleur des villes de ta flemme
Tourne. Je tourne avec toi.
Veille,
Fourbe
Brise les écris les écrins les écritures
Pour avaler ta grasse friture
Garniture de ma vie
J'y arriverai pas
J'y arriverai pas
Ici-bas.
05 mars 2019
Étoile filante.
Erreur de parcours,
Casier judiciaire,
Un oubli qui dure dix minuites
Sera plus long la prochaine fois
Tu as vu ce volcan que je suis quand tu me desarmes
J'y ai cru. Que le monde pouvait être éternellement doux comme un coussin.
Je ne suis plus la seule étoile de tout ton ciel. Je suis peut être la plus brillante. Mais les étoiles palissent et je vais tomber un jour. Comme une étoile filante.
Le ciel est grand.
Plus grand que le monde de l'innocence.
Je devrais manger tout les mots qui me scient les gencives. Je voudrais m'étouffer avec. Je voudrais que tu m'étouffes une nuit avec un coussin, jusqu'à ce que je ne respire plus. Tu pourras partir en paix après, où tu voudras. Aujourd'hui tu m'as sur ta conscience comme une laisse. Laisse moi alors. Perds toi seul mais ne m'égare pas avec toi.
24 février 2019
Lettre de fin d'amour
Évidemment, rien de très grave, rien de très alarmant, puisque nous savions toujours danser et que nous n'arrêtions jamais de parler. Mais tout de même. Il y avait une portion de route sacrément en pagaille, sacrément chamboulée.
Et cet hiver, je piétinais méchamment les pointillés de toi à moi.
Il était temps de changer de cap.
Je t'aurai avalé tout cru.
ma gratitude pour ce qui a été
11 février 2019
Ver.
Je hais certaines soirées comme celle-ci.
Je hais le vide interstellaire de ma paresse de ma passivité de mon courage de mes ambitions,
Je déteste la vitesse à laquelle les minutes me rapellent mon inutilité
Je me sens nuisible insecte, chatte obèse, sac plastique embroché sur les branches d'un arbre.
Je prie depuis des heures pour avoir sommeil
Mais que je lise, que je pleure, que je me touche, que je bouffe ou que je scrolle twitter rien n'y fait.
L'inexistence de cette journée me tord telle un seprent qui vient de se faire arracher la tête
Je suis la flaque d'eau qui reste encore sur le bitume après deux jours de soleil,
Je suis le pot de yahourt mal terminé qui commence à dégager une odeur âpre.
Je suis impirtune, génante, flasque.
Il est 1h32 et ce que je voudrai faire demain ne se fera pas par manque de temps
Le temps de me dire que je peux, que je dois, que je vais.
Je piétine toutes mes envie avec mes pieds enflés
Je sens que même la nourriture ne veut pas s'affaisser dans mon oeusophage
Rien ni personne ne veut cotoyer le minable amas de peau que je suis
Je n'éprouve à mon égard qu'une viole te répugnance
Je ne pleurerai pas, ce serait trop d'apaisement à me donner
Je ne serai donc que le parasite qui se terre à ce deuxième étage
Jamais papillon.
31 janvier 2019
Mes ongles ont la peau dure
Je suis
cramée brûlée hors de contrôle
je vais me rôtir comme une poulette
pour toi
pour tes aises
pour tes paranos
Pour nos adreurs trop cuites.
Je suis la fille merveilleuse qui ne t'appartient
que quand je ris
Tu n'aimes que notre volupté ; tu ne préserves
que notre intégrité
Tu engendres un nouvel organe au creux de mon diaphragme qui diffuse rapidement de son taux d'acidité - l'huile essentielle de ma détresse - à tous ceux qui me font sentir vivante quand je frôle ton existence.
Mon coeur suffoque ;
mes poumons crampent ;
mes yeux se floutent ;
mes mains tremblent ;
mon ventre s'effrite ;
mes genoux me lâchent ;
mon foie gonfle ;
mes reins flanchent ;
mes dents grincent ;
mes joues se campent :
mon corps s'effondre comme une vieille tombe.
Je m'effondre, donc : face à la plus petite de tes incertitudes
Godzilla de ma vie, tu fais trembler ma frêle structure
J'ai vingt six ans et quand tu m'écris trois mots de travers j'ai le Parkinson et l'Alzheimer.
Sais-tu ?
Je te serai fidèle comme une vieille chienne aveugle,
Tant que tu me caresses deux fois par jour dans le sens du poil,
Tant que tu me diras ces mots doux,
Tant que tu me laisseras dormir à tes pieds.
Suis-je si fugueuse pour que tu me laisses ?
Suis-je si joueuse pour que tu me fasses courir ?
Suis-je si chienne pour que tu me fasses subir ?
Je fais une guerre d'un carambolage
Je crise d'un mot, tu m'uses d'une phrase
;
Éreintée de mon inassurance
Je ne suis l'ombre que de tes évidences
Je me barricade de tes mégères
Je fais pousser mes larmes comme de la fougère
Vilaine cicatrice de vide qu'on laissés les automnes où tu t'es absenté de ma vie
Tu me sèmes d'amour
Tu ne recueilles que la colère.
Je ne suis qu'ombre d'un nuage
l'écho d'un vague frémissement
l'image vieillie d'un mauvais voyage...
Indélectable désistement.
Tu es la crinoline de mes espérances
Le jupon de mes futurs
L'enveloppe de mes envies rances
Le précipice de mes investitures.
Tu es
Les lettres qui composent l'alphabet de ma cénesthésie
Alors,
N'éventre pas les recoins de nos synesthésies...
Je suis tienne
Je suis vilaine
Je suis infecte, épouvantable :ignoble et exécrable ! Je suis monstre, je suis laide, je suis fade je suis bête. Je suis hideuse, je suis féroce, je suis instable, je suis frileuse.
Je suis borgne de tes états
Et aveugle de nos alégresses
Je suis - mais surtout : je ne suis pas -
Quand tu me mêles à ta détresse.
Je suis terrible ! :
plus que tout
quand il s'agit
de notre amour.
Croque moi et je m'enroue pour que l'on fasse
demi-tour
Beige Mitterrand.
J'ignore si Frédéric Dard en est l'auteur - je sais qu'il fut un proche du président, à qui pourtant il ne ménageait guère ses critiques - mais je suis à peu près certain que cette expression faisait allusion à la couleur d'un costume d’été que François Mitterrand porta pendant au moins deux saisons : un costume léger, en lin ou en toile, pas très bien coupé et d'une nuance de beige qui ne lui allait absolument pas. L'ancien président de la République n’était du reste pas fait pour les tenues recherchées ou officielles, encore moins quand il s'agissait de tenues d’été. Lui qui était solide et imposant en tweed ou en velours devenait emprunté et ridicule dans des tenues trop claires et des tissus trop fins. Il est étrange que ses conseillers vestimentaires ne l'aient pas remarqué, ou qu'ils ne l'aient pas pris en compte. Pourquoi, dans les chaleurs de l’été, déguiser de beige un président âgé sur qui un simple bleu marine aurait été mille fois plus discret et plus convenable ? François Mitterrand détestait-il le bleu marine ? Ou sinon lui, son entourage? A l'Elysée, jugeait-on naïvement - et stupidement - cette couleur trop "de droite" ? Comment peut-on, lorsqu'on est un professionnel de l'apparence et de la communication, commettre de telles erreurs ! Vêtu de beige, le président semblait à la fois mal endimanché, en fin de septennat bien avant la date et comme fatigué de ne plus croire à ses propres valeurs.
A dire vrai, la nuance de ce beige était désastreuse. A la fois trop claire et trop voyante, comme celle d'un costume de petit malfrat de chef-lieu de canton ; avec en outre une légère nuance "moutarde avariée" du plus vilain effet. Certes, je n'ai vu ce costume qu'en photos et à la télévision, donc assez loin de sa matérialité véritable. Au demeurant, s'agissait-il du même costume ou de plusieurs, taillés sans le même tissu ? Combien d'exemplaires de la même tenus possède un président de la République ? Le saura-t-on jamais ? La nuance de ce beige en tout cas semblait toujours identique : un vilain beige, tout ensemble beige d'autrefois et beige trop neuf, beige de la province et beige des mauvais quartiers. Un beige vulgaire, sorti d'un roman des années 40 et maladroitement remis au gout du jour après un passage trop appuyé chez le teinturier. Bref, une sorte de "beige Simenon" devenu "beige Mitterrand". Rien à voir, absolument rien, avec les splendides beiges aristocratiques que portait mon écrivain préféré, Vladimir Nabokov, à la fin de sa vie, sur les bords du Lac Léman, ou je l'ai aperçu plusieurs fois sans jamais oser l'aborder, probablement parce que je l'admirais trop.
Qui dira un jour combien cet horrible beige mitterrandien a coûté de voix à la gauche au début des années 1990 ?