25 avril 2013

Boulevard du Port-Royal.

Taxi.

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Boite gay.

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   Il y a des choses qui ne se vendent que dans nos rêves. Les camaïeux de turquoise en rentrant de chez toi. le chant des coucous bourrés planqués honteusement dans les platanes...
   J'ai mal aux poumons. On aurait pu s'endormir sur le parvis de Notre-Dame. Belle grandiose vieille dame qui n'a pas su nous écraser de tout le poids de son histoire. Nous on en a vécu, des histoires, de si petites, de si belles, de si tristes, de si vraies... On en vivra un million d'autres. 
   Le froid cesse d'exister en cette fin d'année scolaire. Nous avons ce petit privilège fastueux de nous balader sans écharpe sur l'île de la Cité vers cinq heures du matin. La police n'est peut-être pas favorable à nos escapades sur les futures pelouse estivales, recouvertes du drap de soie plastique ; ... nous aurions pu croire que c'était de la neige. Nous aurions pu tout croire. j'aurais pu tout croire, cette nuit là.
   Cette nuit là ? Elle s'est achevée comme toutes les nuits du monde : par un banal lever du soleil. C'était beau de se dire que ce n'étaient là que quelques heures décalées, non des heures en trop, comme autrefois.
   Bientôt nous aurons chaud sous un soleil de plomb. Peut-être à Paris, peut-être en Bretagne, peut-être même en Inde. Je ne viendrai pas avec vous car je suis trop petite pour une si grande aventure, et parce que j'ai envie que tu me racontes tout ça de ta bouche, ce sera aussi bien que de l'avoir vu de mes propres yeux, tout ce bonheur. C'est fou. C'est fou d'être heureux pour quelqu'un. je suis heureuse pour toi. T'es belle, tu cries parfois un peu trop fort mais tu rayonnes, nuages ou pas. Tu fais la pluie ou le beau temps, ici et ailleurs. J'ai envie d'aller voir ailleurs, avec toi. Tu sais, tout ça... quand on en a marre, quand on est fatiguées, le temps d'une soirée, d'une nuit, d'une année entière. 
   C'est la première fois de ma vie que je vis si bien cet épuisement. Comme un bon footing : avec toi, j'ai couru partout dans les rues de Paris et je suis salement épuisée. Salement heureuse. Il nous reste quelques route à parcourir, oh, trois fois rien : tout Paris, la province, toute l'Europe et le monde entier. Il nous reste assez de temps pour en faire le tour deux ou trois fois.


   Je t'aime. Pas comme je n'ai jamais aimé, mais comme je devrais aimer chaque jour où je me lève. Le plus beau cadeau du monde : la vie, que tu sais m'offrir sur un plateau d'argent, alors même que dans le ciel il n'y a aucune étoile.

PS : il est sept heures neuf, j'ai le hoquet. Peut-être que les coucous sont moins bourrés que moi, mais moi je suis heureuse.

21 avril 2013

1295.

Michel Astrapas et Eutychios - Dormition de la Vierge, église de la Périblepto, Ohrid, Macédoine (in situ)


 Zhao Mengfu - Couleurs d'automne sur les monts Qiao et Hua, rouleau horizontal,
encre et couleurs sur papier, Musée National du Palais, Taipei


Carreau en céramique lustrée, Sultanabad, Iran, Musée de San Francisco.


Giotto - Saint François d'Assise recevant les stigmates, musée du Louvre



Le silence.

   Le silence est l'arme du fort, la faiblesse du faible. Mais tu es tellement silencieux que je ne sais pas si tu es faible ou fort. Moi mon silence, c'est ma parole. J'ai beau tout te dire, tu ne réponds jamais. Mais j'ai l'impression ce combat n'aura jamais d'issue. Alors y gagnera-t-on un jour, à rester ensemble ..?

   J'ai aimé quelqu'un qui n'existe plus.
   Aujourd'hui j'aime quelqu'un que je pense deviner. Aimer le néant c'est destructeur. Je m'y perds. J'ai envie d'aimer quelqu'un de concret. Sinon, j'ai l'impression de ne pas exister.

12 avril 2013

J'veux du soleil !

   Que m'importe votre tour Eiffel, vos bars et les stars qui y passent si ici, la nuit, en plein centre ville, on voit les étoiles ? Je m'ennuie pareil ici qu'ailleurs alors autant s'ennuyer sous la transparence du ciel qui scintille la nuit et réchauffe chaque matin. Les belles choses ont une fin, mais aussi un recommencement. Moi, je recommencerai a vivre un jour a quelques kilomètres de la mer. Ça remplacera celle qui coule goutte à goutte de mes yeux dans les trains qui partent vers le nord. Je voudrais passer mes nuits dans quatre murs faits de cette pierre calcaire beige qui a la couleur du sable tous les jours de l'année. Les jours de pluie y sont aussi nombreux que les jours de neige dans la capitale. Le sol n'y est pas creusé par ces vers électriques géants qu'ils appellent joliment "métropolitain". Il y a les Platanes, mes innombrables amis d'enfance. Il y a peu de neuf ; la nouveauté est l'apparat des pauvres gens qui s'ennuient. Moi, je ne m'ennuierai pas à noircir au soleil, à me saouler sans trop vider mon porte-feuille, à pouvoir surfer entre l'Espagne et l'Italie quand j'en aurai marre de zoner à Palavas. Riez, parisiens. Riez de mes désirs d'enfant, et de mes rêveries de grand-mère. C'est simplement qu'ici je me sens à la retraite à ne rien devoir à personne. Je n'en devrai qu'à mon bonheur, à mon calme et mon sourire. J'en ai assez de crever de jalousie devant ces demoiselles en sandales et short au mois d'avril, assez de craquer devant chaque jeune homme qui accentue ses "e" a la fin de ses phrases, marre de millimétrer mes week-ends alors que cela pourrait devenir mon quotidien.

26 mars 2013

Particulièrement trop tard.

Je te promets monts et merveilles
Je nous promets des nuits vermeil
Je me promets d'être plus sage.

Voilà l'été. voilà qu'il est déjà passé ; en Mars. Le temps est fou, il court trop vite, comme si était en retard à son bal masqué. Il m'a manqué. et il me manquera toujours. Mes nuits, mes nuits, mes belles nuits d'amour et de sommeil, soyez plus courtes, soyez plus douces, soyez des nuits et non des étés. Vous voyez, tout se mélange. Le soleil illumine des rêves qui ne s'estompent pas les jours où il fait gris. Et il fait gris à Paris. Mais c'est ici que je dois vivre et vivre et vivre encore. faut-il seulement apprendre à vivre en accord
avec le temps
le temps qui passe
et qui ramasse
mes débris de sommeil
à la petite cuillère.
Je mange trop. Je mange trop peu.
C'est le temps qui décide puisqu'il remplace mon estomac.
Je mange lorsqu'il est l'heure : à midi, à vingt heures
Le reste du temps, je mange mon temps.
A grosses bouchées, je ne sais pas comment.

Je gis sur ma chaise, bientôt j'irai gésir dans mon lit. Je mourrai de sommeil, et le sommeil me dessinera une vie. Demain je me lèverai : ma vie sera morte, alors morte je vivrai, jusqu'à ce que le sommeil m'emporte.

Techno.

   La subculture  techno underground, celle des free-parties et des Sound Systems, est apparue au grand jour en 2003. Un amendement anti rave déposé par un député amoureux des coups médiatiques (Thierry Mariani), allait attirer l'attention de l'opinion publique sur ce mode qui, jusqu'alors, fuyait la médiatisation. À l'époque, la France s'ennuyait de sa jeunesse. Elle voyait en chaque soir évoluer une forme "émoliée" dans une émission télévisée qui faisait scandale, Loft Story. Ainsi, à coté des jeunes gens de ce programme de télé-réalité, bavardant en boucle d'une vie médiocre, où le summum de l’intérêt était atteint lors d'un échange érotique dans une piscine, apparaissait une autre jeunesse, plus rude, plus sulfureuse, plus dérangeante.
   Les teuffeurs vivaient en bande, entourés de chiens, dans des camions. Ils étaient plus ou moins nomades, se rassemblaient dans des fêtes parfois secrètes, parfois plus grandes que les plus grands festivals de musique. Ils portaient des tenues militaires, consommaient disait-on toutes les drogues connues, maitrisaient aussi bien la mécanique que l'informatique, et ce tout en ayant fuit l'école ou l'université. Alors qu'il était de bon temps de désespérer d'une jeunesse anémier, de moins en moins impliquée, de plus en plus individualiste, de moins en moins actrice de sa vie, on en découvrait une qui semblait mettre à bas toutes les idées reçues.

Lionel Pourtau - Techno, voyage au coeur de communautés festives

22 mars 2013

Le soleil des limaçons.

   Un récit relevé à Martorell [J. Amaded 1950b : 905] explique pourquoi les limaces et les escargots se traînent par terre : insatisfaits de leur condition ils présentèrent une pétition au Bon Dieu. Les limace avaient pris la tête de la mutinerie et, au dernier moment, les escargots, pusillanimes, refusèrent de signer ; Dieu punit alors leur couardise en leur ôtant les pattes et comme les limaces étaient plus coupables il leur supprima la coquille. Depuis lors tous deux se traînent sur le sol, se lamentent sur leur triste destin et laissent partout où ils passent la trace brillante de leurs larmes.

In Claudine Fabre-Vassas - Le soleil des limaçons, Etudes rurales, juillet-décembre 1982.