Comme si la proximité avec la chaleur et les ondulations de ta peau était cette chose même qui fait frémir en rythme le grandissant organe que j'ai dans ma poitrine, que tu cultives de ton existence depuis 372 nuits.
28 janvier 2019
Dérailler sur ta peau.
Comme si la proximité avec la chaleur et les ondulations de ta peau était cette chose même qui fait frémir en rythme le grandissant organe que j'ai dans ma poitrine, que tu cultives de ton existence depuis 372 nuits.
30 décembre 2018
Tout cela
Boire un peu moins
Trouver du travail
Faire du sport six fois par semaine : salle de sport, abdos à la maison, marche d'une demi heure, faire l'amour... tout compte.
Lire davantage
Remonter mon niveau en espagnol
Remonter le niveau en anglais
Se baigner plus
Se focaliser plus sur soi
Être plus patiente
Parler plus à sa famille
Prendre du temps pour créer
Manger un peu moins
Souffler un bon coup quand ça va pas
Faire plus d'expos
Se balader plus à Paris
Aller plus souvent à Montpellier
Réapprendre à conduire
Prendre soin d'Adrian et moi
Rêver d'avantage
Angoisser moins
Aller davantage vers les gens
Refaire de la pole dance
Acheter un nouvel ordinateur trop cool
S'habiller mieux
Avoir plus de plantes
Définir ce qui me plairait dans la vie à moyen terme
Apprendre à faire des tartes au citron meringuées
Manger plus de fruits de mer
Dire aux gens que j'aime que je les aime, plus souvent
Faire plus de choses, encore plus qu'en 2018
Me valoriser
Apprendre à savoir ce que je sais réellement faire
Apprendre à savoir ce que je veux réellement faire
Apprendre à vouloir faire ce que je sais faire
Refaire des perles
Faire des collages
Voir Anne bien plus souvent
Réavoir mon grand écart droit
Trouver mon parfum préféré
Aller davantage au cinéma
Avoir plus de temps en ayant moins de temps
Serrer Adrian dans mes bras à chaque instant où cela est faisable
Se faire violence
Acheter plus de fruits rouges même si c'est cher
Jouir plus
Aimer, encore et encore et encore
Recommencer chaque jour
28 décembre 2018
Dévêtue.
C'est donc un cycle incontournable. Même les plus puissants ouragans de fureur de vivre s'en vont et lui laissent place. À ce silencieux rouleau compresseur qui réapplatit le diaphragme comme lorsqu'il subsistait en léthargie quand j'avais si peur que je ne ressentais plus rien. J'ai peur de nouveau, je n'ai en vérité jamais cessé d'être craintive. De l'inaction, de l'incomplétude, de l'inexistence. Voilà que tout m'échappe encore. Comme lorsqu'on est parvenu à bourrer toutes les affaires dans un placard et qu'en entrouvrant la porte les étagères te vomissent dessus toute ta garderobe. Je me vomis dessus ma fatigue, ma flemme, mon incapacité, mes angoisses, mes enfantillages.
J'ai haï si fort sillonner les couloirs du métro tout à l'heure que rien que l'idée de mon passe navigo dans la poche de mon sac me contracte les viscères. J'ai les yeux qui piquent comme après avoir été aspergés de citron pressé, et le peu d'ongles qui me reste endolorit le bout de mes doigts desquels je me gratte frénétiquement, de malaisance.
Il va falloir voir des gens demain, et puis après demain, et tous les autres jours. D'étranges et terrorisants êtres humains à qui je vais devoir faire la bise en souriant, habillée dans ma tenue excentrique, et en leur criant bonne année un verre à la main, le regard ailleurs. Car je préfère au fond qu'on me mate les seins plutôt qu'on me regarde dans les yeux. Je n'arrive plus en ce moment. À soutenir un regard. Je n'arrive plus à parler à maman, à regarder calmement la personne que j'aime, à dire bonjour à la boulangère sans sentir que j'ai fait cela de travers. Je devrais faire mieux ou autrement ou arrêter de faire. Tout est bancal, artificiel, grinçant. Le mets les pieds pile dans les flaques d'eau boueuse et j'éclabousse au passage le petit monde qui m'entoure, saleté que je suis.
Alors j'arrête de marcher, je me roule en une boule flasque et tiède au fond de mon lit et je m'oblige à passer une longue nuit, qui me laissera le temps, je l'espère, de rebourrer mon placard de mes peaux de chagrin, de fermer la porte, et de ne pas l'ouvrir avant 2019.
24 novembre 2018
Brasses insensées
On ne s'asseoit que sur ses fleurs bleues
Et je suis pauvre de mes bleus
Tanines sont les espéraces
Qui raclent le font de tes
Déchéances
Ivres sont les estomacs
Qui hurlent après la plèbe de tes tripes
Vides sont les entrelacs
Qui engrenagent tes récifs
Belles femmes de lumière
Belliqueuses des tes lunes
Jamais je m'entre-maître
De tes délicieuses prunes.
Celles que tu caches dans ton col
Celles que tu bouffes dans ton beffroi
Celles que tu broies comme du formol
Dans les interstices de tes doigts
Juteuses choses qui m'engrainent
Justes phrases de ta dentition
Croquants moments qui me sèment
Jusque dans ta
Déperdition
18 octobre 2018
Et quand je te regarde comme ça ;
j'ai tellement envie de choses à te reprocher, tellement de raisons de t'aimer tellement envie
que tu restes dans ma vie
comme de l'encre sous ma peau
Comme tu m'ancres
Dans ton monde
À chaque fois que tu me balbuties que tu m'aimes
À chaque fois que je me mange tes problèmes
À chaque fois que
Tu
Ta bats
Contre
Mes je t'aime
Loin
Sont tes élans
De vigueur,
De surcroit - de splendeur.
Loin :
Sont
Les émois
De la douceur
De mon coeur.
Loin sont
Les dires
Que je chuchotte dans mes rires
Près de mon âme
Sont les les vivres
Que tu respires
Véritables amimaux qui traversent mon âme
Comme un élan des steppes qui s'arnache à mes blâmes.
Vastes plaines de m'écoeures
Que tu assoupis,
Dans un désir à tes ordres en moi accomplis
Coeur caresse les cymables des
À morts à venir
Que tu crisses les valves des vides à complir.
Viens,
Bête de scène
Petite bête de foire
Viens,
Petite veine,
Petite belle d'armoire.
Jolies choses à complir,
Joyeuses choses à combler
Dis moi : si c'est toi : qu'il fait compléter,
Contempler
Puzzle de ma vie
Cheches à me combler .
12 octobre 2018
Ta délicatesse.
J'ai chaque jour un petit peu plus conscience de la force immense qui nous lie, qui nous tisse à chaque moment que nous passons ensemble, mais aussi à chaque instant où nous sommes séparés. Broder ma vie avec des fils composés de moments passés ensemble me semble être un chaleureux habit que je pourrais mettre durant de longues années. Je te laisse glisser sur ma peau, et m'abriter de la vacuité du monde. Enroulons-nous, longtemps, ensemble.
06 octobre 2018
La délicatesse.
« Je vais prendre un jus…
—…?
Un jus d’abricot, je crois. »
Si elle avait accepté d'aller s'asseoir avec cet inconnu, c'est qu'elle était tombée sous le charme. Immédiatement, elle avait aimé ce mélange de maladresse et d'évidence, une attitude perdue entre Pierre Richard et Marlon Bardo. Physiquement, il avait quelque chose qu'elle appréciait chez les hommes : un léger strabisme. Très léger et pourtant visible. Oui, c'était étonnant de retrouver ce détail chez lui. Et puis il s'appelait François. Elle avait toujours aimé ce prénom. C'était élégant et calme comme l'idée qu'elle se faisait des années 50.