04 mai 2016

J'ai attendu ce moment toute la journée. M'enfermer sous la douche, allumer le jet d'eau chaude et me le verser sur la tête pour ne pas sentir les larmes couler à flots. Je ne savais pas que j'étais capable d'autant d'amour, de peine et de rancoeur en même temps. Je ne sais pardonner, je ne sais qu'endurer. Je me sens vide, comme il a six ans, comme il y a quatre ans, quand je comprenais que je suis toute seule et que je suis loin d'être entière, que je n'étais que du coeur en poudre à ajouter à tous les mets. Je n'ai plus faim, et tu ne me dis que des mensonges. J'ai essayé durant quatre ans de te traduire chaque lettre du mot je t'aime, de se mouvoir avec toi, doucement, de te montrer comment lever la tête, ensemble, en même temps. Aujourd'hui on se tourne le dos et on fonce le nez vers le sol, à bouffer la poussière. C'est tout ce qui reste de tes belles paroles, de mes insupportables crises, de nos solitudes. Je suis beaucoup trop seule, même avec toi, et je ne sais plus où je dois tremper mes racines pour refleurir, revivre. Je suis seule, je suis seule je suis seule et tu es incapable.

01 mai 2016

Aurore

Je suis la pluie et le beau temps
Le clergé et le tiers état
Le chant et l'oiseau
Le violon et la sourdine

Les maraîchers me zieutent
Passer en trombe

Je suis le vent et le soupir
La balafre et le sourire
Le miel et la salpêtre
Je suis la poussière qui s'éparpille au bout du monde

Les trottoirs me lèchent les semelles
Je suis bien agile
D'éviter les volets ouverts
(Pour peu qu'ils me balancent des éclats d'étoiles)
La nuit s'est faite pâle :
Le soleil s'est couché il y a dix heures ;
Il se lève,
Je vais prendre son relais
Rayonner sur l'oreiller. Après tout nous sommes le premier mai.

26 avril 2016

Nez

Les odeurs. Elles sont toujours là ! ("Horreur" à voulu me proposer mon correcteur orthographique !). Mon affreuse protubérance est une navette qui amène toutes les minuscules particules du visible et de l'immatériel jusqu'au dessus de ma nuque, où elles s'entassent par couches branlantes de douleur.
Tout y passe : en premier lieu les parfums, tous, ceux pour les gonzesses autant que ceux pour les chiottes. Ces odeurs là rebondissent telle un balle de ping ping entre mon oreille droite et mon oreille gauche. La cigarette ensuite : celle-ci me fait penser aux autres humains à deux pattes qui m'entourent, à la bière que je partage avec eux, aux chaises de terrasses alignées face au spectacle déambulatoire des grands boulevards. Elle remonte plus haut, vers le sommet, se niche dans la calotte crânienne.
Moindres de conséquences, d'autres nauséabonderies me retournent la cervelle : l'âpreté du métro, la salive des gens qui parlent, l'humidité incrustée dans les tissus - surtout elle ! -, les nourrissons fatigués, le terreau frais de fumier, la merde, les coquelicots, les coccinelles. Je déteste. Mes papilles nasales ne tolèrent pas le dérangement, pas même la présence.
Ma tête est un terrain de rugby lorsqu'une pièce est remplie de rumeurs de brumisateurs d'ambiance ou de chips tex-mex.
Ma tête est un terrain de rugby, en fin de match et je suis en train de perdre.

25 mars 2016

Bourasques


Oiseaux - fades...
Beaux bruits sourds qui résonnent
Le long des façades
Merveilleux gazouillis
Au rythme des réverbères
Chantonnent joyeusement
Plus amplement que le tonnerre
Prégnance de l'attente
Tracée sur le sol
Mes pensées latentes
S'éparpillent en paroles
Quand compte le vent
De son air maussade
Se qu'écoule la nuit, de plus en plus froide
Maussade
A cran de la vie qui s'épuise en pommade
Je.
Souffre : là,
                       Dans le dos dans les orteils
J'ai cueilli une branche qui nous a rencontré la veille
Tout à toi, à vous pareille
Balbutiante sous ma main
Dans un paisible sommeil.

20 mars 2016

Faust - Chère Chambre

Chère Chambre    

                    La vie semblait s'être arrêté là devant le spectacle
                    muet d'un lendemain d'orgie. Deux hirondelles
                    s'étaient depuis longtemps installées, leur caca
                    clapotant se desséchait. Seul triste, river ne pensait
                    qu'à penser. de tout façon, comme il disait lui...
                    et s'était une phrase toujours interrompue. un éclair
                    soudain devait le saisir. Ses mains cherchaient un
                    motif, une sympathie, n'importe quoi, de la douceur
                    ... depuis toujours... et jamais on ne disait
                    toujours sans songer à l'aube du jour ou le vent,
                    chaud son corps, fou ses espoirs et avec charme il se
                    masturber comme personne ne pouvait le faire, chaque
                    mouvement était alors un pas de plus vers elle. Une
                    poignée de coton hydrophile est un chapeau sur la
                    tête de Kerstin. j'ai senti tout à coup que le choc
                    était plus que probable, je n'étais pas surpris, je
                    n'avais pas peur. Rudolf avait freiné trop fortement
                    et comme il ne conduit pas au même tempo que les
                    villois... j'étais même curieux intéressé par les
                    mouvements de la voiture le paysage évolue dans
                    une autre dimension. le code de la route est alors
                    impuissant et dérisoire: la voiture wa où elle doit
                    aller sans respecter les divers obstacles qui sont ou
                    ne sont pas là où ailleurs
                    Choc sourd et décevant, accélération centrifuge et
                    tout redevient normal, normal et amusant. le système
                    de notre civilisation se montre et tombe très vite
                    dans l'efficace inhumain. il y a quand même le moment
                    ou les deux chauffeurs males communiquent. tout
                    devient male asexué
                    Coup de foudre
                    Kerzen, Tomatensaft
                    2 x 150 gramm Rindfleisch
                    Viel Obst, viel Obst, viel Obst
                    Was zum drinken
                    Brot, Margarine
                    Chère chambre tu m'as longtemps regardé quand
                    j'étais nu sur le lit, quand je restais sans rien
                    dire, longtemps. tu dois me connaître maintenant.
                    J'ai vu le monde à travers les trois yeux. j'ai vécu
                    dans ton sein, tous mes instants vides, blancs, nuit
                    yeux ouverts sur des pensées sans fin qui à force
                    de se retourner perdent ainsi leur sens, toutes mes
                    humeurs et mes envies mon échec solitaire quand je
                    peins si longtemps chaque matin à grande peine et
                    sagement. tu dois me comprendre parce que toi non
                    plus, ta femme quand ça claque porte, tes coins où
                    passe le vent et le froid et la catastrophe, quand
                    tu veux dire que tu ne sais pas. Je les connais,
                    je les ai observés. toi aussi tu t'es ennuyée ma
                    chambre. Maintenent tout a changer. Est-ce-qu'un
                    sentiment trop fort encombre le paysage. Il est si
                    tenu et très transportable. je m'en serts souvent
                    et beaucoup l'accepte. Je vois aussi que certaines
                    humeurs se répètent espacées de plusiers années.
                    Nous devons peut-être accorder nos passés?


05 mars 2016

Tout l'infini.

Jadis,
Des giboulées d'iris
Faisaient la pluie et le beau temps. Il fut un temps,
Où chaque parole n'était pas dite en l'air.
De l'air :
Mon plus beau texte
date
d'il y a un quatre d'heure.
Pour peu : je pleure. ; je dessaoule.
Je déroule
Je suis : la houle
Qui ne sait plus ce qu'elle a dit.
;
Je crie.
Chagrin,
tristesse
ce n'est que de la maladresses
Et ma soeur n'a comme prénom que la Détresse -
Écho brutal, cristallisé
Résonnant contre chaque corde de l'arc brisé...
Mais si : arrête...
Celui de ta voix
Tu boucles-s-au soleil comme à chaque fois
Je te confonds :
Tu es brun comme l'écorce brun comme un hérisson
brun comme un pli qui creuse une terre sans le moindre soupçon.
Je pleure
(orpheline)
lionne-tigresse, animale-féline
La tirade
de ta colonne vertébrale
Se brisera sans me faire de mal
Bambou que je suis
contre le vent
Et saches que je peux résister longtemps
à ton abcès
à ton excès
à ton succès
Je suis délaissée
Je suis forte
Plus forte que ton aorte...
Il fallait que ça sorte
Comme sortent le caprices.
Ils ternissent.
(mais ils restent sévices, supplices, varices
sous leurs airs de chanson.
Pardon.)
Quel vice..

23 février 2016

Ça y est.

   Aujourd'hui, je me suis réveillée après un rêve confus où je partais en Macédoine, mais où je me retrouvais à Sarajevo, en passant par Bucarest... Je crois que peu importe le pays, les villes. Ce qui importe, c’est que je me suis réveillée avec une sensation étrange d'assurance, d'envie.

   Je crois que je suis prête. A partir. Seule. Loin.