15 décembre 2015
Odoratte.
05 octobre 2015
l'arbre.
06 septembre 2015
Septembre
T'arrives en te sentant fort, avec tes trois beaux mousquetaires, tu composes le code d'un doigté assuré, tu appuies sur le bouton d'ascenseur d'un air de défi, tu le nargues pendant qu'il monte péniblement les 2 étages, tu traces dans le couloir blanc en titubant et tu appuies sur la poignée de la porte de l'appartement tant convoité avec le sentiment de victoire.
Et là. Deux voix, cinq voix, dix voix, douze voix... ils sont au moins quinze. Ça chante. Non : ça parle espagnol. Tu t'assois. Tu écoutes. Tu jubiles. Tu réponds...
"No nació en Francia, soy ukrainana..."
"Sí pero..."
12 août 2015
Les Misérables
- C'est encore du Jardin des Plantes, dit-il. J'ai pris cela aux singes.
Et, montrant à l’aîné la natte sur laquelle il était couché, natte fort épaisse et admirablement travaillée, il ajouta:
- Ça, c'était à la girafe.
Après une paise, il poursuivit :
- Les bêtes avaient tout ça. Je le leur ai pris. Ça ne les a pas fâchées. Je leur ai dit : C'est pour l'éléphant.
30 juin 2015
Recalée
Je caracole dans mes draps
Or je n'suis pas un étalon
Mais une mine de vertiges recouverte
D'un torrent de nausées
Ma déception descend jusque dans mes talons
Je suis chaussée de remords
J'ai mis mes espérances à l'envers
Et pris les escaliers dans la gueule
Pourquoi ne pas manger la terre entière ?
Ne rebouchera-t-elle pas cette grosse crevasse
Dans mon ego ?
Les prismes eux mêmes sont plus voluptueux
Que mes pensérs herissées
Que mes doigts saboteurs
Que ma bouche sinueuse.
J'entends mille voix :
J'ai raté, t'as raté, c'est raté.
Je me sens comme une ratée
Mais cela n'empêche pas quelques grillons de chanter dans le treizième
Alors il faudra bien que moi aussi je me frotte les mains
Et que je me dise : encore.
18 juin 2015
Dis : "plôme"
Ce fut trop. J'ai pleuré : beaucoup et fort. Quatre ans que je malmène mon cerveau pour l'avoir. Voilà c'est fait. Et pourtant, je n'ai pas fini mon année, j'ai encore des obligations, des angoisses, surement des deceptions à la clé. J'ai probablement aussi pleuré pour ça, parce que ces belles notes, ce mot "Admis" n'est pas le point final de cette année. Et je n'ai qu'une hate, c'est enfoncer mes pieds dans le sable, et m'endormir au bruit des vagues.
24 mai 2015
Pente abrupte.
affreux moments, les détestables nouvelles et autres fâcheuses calomnies parsèment les mois du calendrier. C'est
interminable, c'est éprouvant. Je n'ai jamais autant de fois dans ma vie entendu le mot hôpital que depuis
janvier, je n'ai jamais assisté à autant d’évènements macabres. Je dis "je", mais tout mon entourage
transpire de cette sensation. Nos destinées nous lacèrent de l'intérieur, s'attaquent à nos familles,
nos amis, nos biens, nos projets. Je suis dépitée, abasourdie. Un soir sur deux je m'endors en
priant de me réveiller en 2016, je n'ai même plus envie de vacances, plus envie de diplôme,
plus envie de repos, d'anniversaire ou de fêtes de fin d'année. J'ai envie d'un peu de
sérénité, juste un peu. Et je voudrais la partager avec tant de monde qui en a
autant besoin que moi qu'il en faudrait des quantités gigantesques, il
faudrait déverser sur la terre des tonnes et des tonnes de sérénité,
de calme, de plénitude. On en manque tant cette année qu'on
s'asphyxie, on s'empoisonne, on s'entretue. Il y a des
archéologues qui cherchent à savoir les raisons
du déclin des plus grandes civilisations
anciennes, de l'Assyrie, de l'Egypte ;
j'ai peur que le notre soit dû à
l'année 2015.