Ce fut trop. J'ai pleuré : beaucoup et fort. Quatre ans que je malmène mon cerveau pour l'avoir. Voilà c'est fait. Et pourtant, je n'ai pas fini mon année, j'ai encore des obligations, des angoisses, surement des deceptions à la clé. J'ai probablement aussi pleuré pour ça, parce que ces belles notes, ce mot "Admis" n'est pas le point final de cette année. Et je n'ai qu'une hate, c'est enfoncer mes pieds dans le sable, et m'endormir au bruit des vagues.
18 juin 2015
24 mai 2015
Pente abrupte.
affreux moments, les détestables nouvelles et autres fâcheuses calomnies parsèment les mois du calendrier. C'est
interminable, c'est éprouvant. Je n'ai jamais autant de fois dans ma vie entendu le mot hôpital que depuis
janvier, je n'ai jamais assisté à autant d’évènements macabres. Je dis "je", mais tout mon entourage
transpire de cette sensation. Nos destinées nous lacèrent de l'intérieur, s'attaquent à nos familles,
nos amis, nos biens, nos projets. Je suis dépitée, abasourdie. Un soir sur deux je m'endors en
priant de me réveiller en 2016, je n'ai même plus envie de vacances, plus envie de diplôme,
plus envie de repos, d'anniversaire ou de fêtes de fin d'année. J'ai envie d'un peu de
sérénité, juste un peu. Et je voudrais la partager avec tant de monde qui en a
autant besoin que moi qu'il en faudrait des quantités gigantesques, il
faudrait déverser sur la terre des tonnes et des tonnes de sérénité,
de calme, de plénitude. On en manque tant cette année qu'on
s'asphyxie, on s'empoisonne, on s'entretue. Il y a des
archéologues qui cherchent à savoir les raisons
du déclin des plus grandes civilisations
anciennes, de l'Assyrie, de l'Egypte ;
j'ai peur que le notre soit dû à
l'année 2015.
28 avril 2015
Les calissons d'Aix.
à ceux qui sont trop égoïstes
qui ont vécu heureux longtemps
qui ont vécu comme s'ils n'ont jamais été tristes
qui ont vécu
qui ont menti, jugé, qui ont parlé sans trop penser
sans trop se soucier
sans ciller.
à ceux qui t'ont foulé du Sud au Nord,
de Prétoria au Périgord
qui ont vécu sans regarder autour tout en étant partout
qui ont vécu debout
qui ont singé la plénitude en préférant la solitude
qui ont mangé l'amour dans une cuillère en argent
qui ont eu trop d'argent.
à ceux qui ont trop pris sans assez donner
qui ont souri sans jamais pleurer
ils t'ont juste trop aimée,
ils se sont juste trop aimés
est-ce un accroc de vouloir vivre dans un petit palais ?
Ils se sont oubliés
Ils ont tout oublié.
Donne leur un dernier souffle pour demander le leur.
Donne leur un dernier battement de coeur
Pour sentir l'amour qu'ils ont eu.
Et on les a aussi perdu
Avant l'heure.
31 mars 2015
Terreur.
Je suis assise au fin fond de mon clic-clac, ma tablette dans les mains en train de perdre mon temps sur les réseaux sociaux depuis plus d'une heure. J'ai froid, je n'arrive même pas à lâcher cet engin pour mettre mon pull. Je suis glacée, tétanisée par la peur des examens qui approchent, par le volume de mes cours posés sur la table basse à trente centimètres de mon pied. J'ai les paupières mi-closes comme si je m'endormais pour oublier tout ça, mais je suis bien trop consciente. Il y a toutes ces feuilles A4 imprimées qui me narguent et moi j'ai des sueurs froides dans le dos. J'ai l'estomac noué et la gorge serrée comme si demain à huit heures j'allais déja devoir rédiger une dissertation de 4h. J'ai beau me dire qur tout en depend je n'arrive pas, je me sens incapable et amorphe, comme si ma colonne vertébrale s'était engluée dans mes couvertures pour ne plus jamais me donner la possibilité de me relever. J'espérais que poser des mots sur ça me ferait un peu honte et que j'ouvrirais enfin mes dossiers mais c'est tout le contraire qui se produit, j'ai mes globes oculaires qui se cachent sous mes cils, et ma nuque qui oscille doucement de droite à gauche pour me signaler que toute tentative de se relever me serait fatale.
21 mars 2015
Montpellier éternelle.
Je suis sortie de la gare à pas tellement rapides que je sentais ma valise s'envoler à coté de moi. L'escalator qui me menait au rez-de-chaussée me paraissait interminable, et je me baissais sans cesse pour entrevoir à travers les grandes vitres du hall à quoi ressemblait ce soir là le parvis de la gare strié des rails du tram, que je connais par coeur.
Je suis sortie précipitamment en passant tout près d'un groupe de jeunes hommes qui riaient aux éclats, parlaient fort et sentaient la bière douce. Je ne sais si c'est l'odeur ou leur jovialité qui m'a fait sourire, mais cette rencontre m'a été plaisante.
J'ai attendu le tram en savourant les six minutes qui me séparaient de son arrivée ; d'habitude je m'impatiente, mais ce soir là j'ai pris mon temps à poser mon regard sur chaque jeune femme qui passait à l'arret du tramway, à tendre mes oreilles vers chaque phrase chantante prononcée avec ce si doux accent qu'on dit du sud mais que moi je crois du paradis.
Le trajet fut court et agréable. Des jeunes discutaient fort en écoutant de la musique, et je me suis surprise à tapoter du pied au rythme de leur téléphone portable.
Je suis sortie de la rame précipitamment, pour aller retrouver maman au plus vite. La rue qui monte jusqu'à chez moi, d'habitude si inerte et si banale m'a fait cette fois ci ressentir une joie de vivre immense. Je ne sentais pas du tout le poids de ma valise dont les roues grattaient bruyamment le trottoir. Je ne sentais que l'odeur de l'air qui était celui du printemps, du soir frais, des arbres qui frisonnent avec le vent. C'était un parfum exceptionnel, divin, et je le respirais à pleins poumons malgré la douleur.
J'arrivai presque trop vite devant mon portail, et à la seconde même où je me suis dit que je ne me souvenais plus du digicode, mon index l'a automatiquement composé.
Montpellier, cette belle, m'a vraiment manquée.
08 mars 2015
C'est comme certitude.
Non. je n'aime pas utiliser le verbe "croire" lorsque je parle de toi. Tout ce que tu m'inspires c'est la certitude. Celle d'être, et d'exister de plein droit, complètement, amplement. Celle de vivre. Celle de voler, de rafler la plénitude.
25 février 2015
Vidange
J'avais oublié ce que c'est d'être malade. Je me réjouissais, en ce debut d'année de ne pas avoir attrappé la crève de tout l'hiver. Réjouissance bien trop rapide.
Je me sens faible, vide, inodore. Je dors 11h par nuit et me réveille fatiguée. Je crois que c'est la solitude qui m'abat le plus. Personne pour me serrer dans ses bras, pour m'apporter un lait chaud. Que c'est horrible de vivre sans maman !
L'air frais du dehors me broie les alvéoles pulmonaires. Je le sens. À chaque fois que je rentre chez moi et que je me pose, je tousse, je tousse jusqu'a ne plus pouvoir respirer, jusqu'à suffoquer, jusqu'à vomir, presque. J'ai la tête qui tourne incessament comme si j'avais bu trois verres de vin, la gaieté en moins. Je recommence à pleurer, toute seule, pour rien, comme il y a un an. Et pour finir, j'ai l'impression que mon dos se craquèle, comme sur les tableaux de Frida Kahlo. Tousser allongée me transperce la colonne vertébrale de cent couteaux. Je suis allée chez le tatoueur tout à l'heure et je peux assurer que ses picotements sont de la rigolade par rapport à quand je tousse.
Je voudrais ma maman. Je suis convaicue que c'est sa présence qui m'a toujours guérie et non ses remèdes.
Je voudrais faire la sieste pendant une semaine entière. Une vie entière.