21 avril 2013

1295.

Michel Astrapas et Eutychios - Dormition de la Vierge, église de la Périblepto, Ohrid, Macédoine (in situ)


 Zhao Mengfu - Couleurs d'automne sur les monts Qiao et Hua, rouleau horizontal,
encre et couleurs sur papier, Musée National du Palais, Taipei


Carreau en céramique lustrée, Sultanabad, Iran, Musée de San Francisco.


Giotto - Saint François d'Assise recevant les stigmates, musée du Louvre



Le silence.

   Le silence est l'arme du fort, la faiblesse du faible. Mais tu es tellement silencieux que je ne sais pas si tu es faible ou fort. Moi mon silence, c'est ma parole. J'ai beau tout te dire, tu ne réponds jamais. Mais j'ai l'impression ce combat n'aura jamais d'issue. Alors y gagnera-t-on un jour, à rester ensemble ..?

   J'ai aimé quelqu'un qui n'existe plus.
   Aujourd'hui j'aime quelqu'un que je pense deviner. Aimer le néant c'est destructeur. Je m'y perds. J'ai envie d'aimer quelqu'un de concret. Sinon, j'ai l'impression de ne pas exister.

12 avril 2013

J'veux du soleil !

   Que m'importe votre tour Eiffel, vos bars et les stars qui y passent si ici, la nuit, en plein centre ville, on voit les étoiles ? Je m'ennuie pareil ici qu'ailleurs alors autant s'ennuyer sous la transparence du ciel qui scintille la nuit et réchauffe chaque matin. Les belles choses ont une fin, mais aussi un recommencement. Moi, je recommencerai a vivre un jour a quelques kilomètres de la mer. Ça remplacera celle qui coule goutte à goutte de mes yeux dans les trains qui partent vers le nord. Je voudrais passer mes nuits dans quatre murs faits de cette pierre calcaire beige qui a la couleur du sable tous les jours de l'année. Les jours de pluie y sont aussi nombreux que les jours de neige dans la capitale. Le sol n'y est pas creusé par ces vers électriques géants qu'ils appellent joliment "métropolitain". Il y a les Platanes, mes innombrables amis d'enfance. Il y a peu de neuf ; la nouveauté est l'apparat des pauvres gens qui s'ennuient. Moi, je ne m'ennuierai pas à noircir au soleil, à me saouler sans trop vider mon porte-feuille, à pouvoir surfer entre l'Espagne et l'Italie quand j'en aurai marre de zoner à Palavas. Riez, parisiens. Riez de mes désirs d'enfant, et de mes rêveries de grand-mère. C'est simplement qu'ici je me sens à la retraite à ne rien devoir à personne. Je n'en devrai qu'à mon bonheur, à mon calme et mon sourire. J'en ai assez de crever de jalousie devant ces demoiselles en sandales et short au mois d'avril, assez de craquer devant chaque jeune homme qui accentue ses "e" a la fin de ses phrases, marre de millimétrer mes week-ends alors que cela pourrait devenir mon quotidien.

26 mars 2013

Particulièrement trop tard.

Je te promets monts et merveilles
Je nous promets des nuits vermeil
Je me promets d'être plus sage.

Voilà l'été. voilà qu'il est déjà passé ; en Mars. Le temps est fou, il court trop vite, comme si était en retard à son bal masqué. Il m'a manqué. et il me manquera toujours. Mes nuits, mes nuits, mes belles nuits d'amour et de sommeil, soyez plus courtes, soyez plus douces, soyez des nuits et non des étés. Vous voyez, tout se mélange. Le soleil illumine des rêves qui ne s'estompent pas les jours où il fait gris. Et il fait gris à Paris. Mais c'est ici que je dois vivre et vivre et vivre encore. faut-il seulement apprendre à vivre en accord
avec le temps
le temps qui passe
et qui ramasse
mes débris de sommeil
à la petite cuillère.
Je mange trop. Je mange trop peu.
C'est le temps qui décide puisqu'il remplace mon estomac.
Je mange lorsqu'il est l'heure : à midi, à vingt heures
Le reste du temps, je mange mon temps.
A grosses bouchées, je ne sais pas comment.

Je gis sur ma chaise, bientôt j'irai gésir dans mon lit. Je mourrai de sommeil, et le sommeil me dessinera une vie. Demain je me lèverai : ma vie sera morte, alors morte je vivrai, jusqu'à ce que le sommeil m'emporte.

Techno.

   La subculture  techno underground, celle des free-parties et des Sound Systems, est apparue au grand jour en 2003. Un amendement anti rave déposé par un député amoureux des coups médiatiques (Thierry Mariani), allait attirer l'attention de l'opinion publique sur ce mode qui, jusqu'alors, fuyait la médiatisation. À l'époque, la France s'ennuyait de sa jeunesse. Elle voyait en chaque soir évoluer une forme "émoliée" dans une émission télévisée qui faisait scandale, Loft Story. Ainsi, à coté des jeunes gens de ce programme de télé-réalité, bavardant en boucle d'une vie médiocre, où le summum de l’intérêt était atteint lors d'un échange érotique dans une piscine, apparaissait une autre jeunesse, plus rude, plus sulfureuse, plus dérangeante.
   Les teuffeurs vivaient en bande, entourés de chiens, dans des camions. Ils étaient plus ou moins nomades, se rassemblaient dans des fêtes parfois secrètes, parfois plus grandes que les plus grands festivals de musique. Ils portaient des tenues militaires, consommaient disait-on toutes les drogues connues, maitrisaient aussi bien la mécanique que l'informatique, et ce tout en ayant fuit l'école ou l'université. Alors qu'il était de bon temps de désespérer d'une jeunesse anémier, de moins en moins impliquée, de plus en plus individualiste, de moins en moins actrice de sa vie, on en découvrait une qui semblait mettre à bas toutes les idées reçues.

Lionel Pourtau - Techno, voyage au coeur de communautés festives

22 mars 2013

Le soleil des limaçons.

   Un récit relevé à Martorell [J. Amaded 1950b : 905] explique pourquoi les limaces et les escargots se traînent par terre : insatisfaits de leur condition ils présentèrent une pétition au Bon Dieu. Les limace avaient pris la tête de la mutinerie et, au dernier moment, les escargots, pusillanimes, refusèrent de signer ; Dieu punit alors leur couardise en leur ôtant les pattes et comme les limaces étaient plus coupables il leur supprima la coquille. Depuis lors tous deux se traînent sur le sol, se lamentent sur leur triste destin et laissent partout où ils passent la trace brillante de leurs larmes.

In Claudine Fabre-Vassas - Le soleil des limaçons, Etudes rurales, juillet-décembre 1982.

06 mars 2013

mon écrivain.

J'ai d'autres chats à fouetter plutôt que de t'aimer, mais tu écris si bien que je me surprends à t'aimer encore un peu quand je te lis.