11 janvier 2011

La vitesse à laquelle mes cheveux t'embrassent, emmêlés au vent.

Alors pour toi, je ne veux être rien de moins que la plus belle du monde.

06 janvier 2011

Un gris blanc comme neige.

Avé César
ne tirez pas !
j'ai commandé le printemps
dans un verre de champagne
à gauche à droite
ta bouche en coeur :
chanter comme ça fut inutile
essuie tes larmes de crocodile
tes yeux ne devraient pas pleurer
pour ces petits flocons de neige...
Il est minuit, bientôt quatre heures,
la paille craque encore dans la cheminée.
l'odeur du tilleul se fait nauséabonde
les touristes ont ôté leurs gants
les voici béats devant quelques arbres nus

Moi je préfère prendre une photo
pour ne jamais dire adieu
comme dans les films.

01 janvier 2011

Réveillon de mes deux.

   à minuit j'ai dansé sur Suavemente avec Karima. J'ai bu le champagne à la bouteille, j'ai souhaité la bonne année à des gens que je ne connais pas, j'ai embrassé Jude.
   à 0h16 j'ai fait l'amour.
   à 0h33 j'ai pleuré. Parce que Camille, Clara, Julie et Pilou me manquaient.



   à 8h06 Monet était ressuscité ; il a pris ses pinceaux et a peint le ciel de rose, ocre et mauve sous nos yeux ébahis, au Peyrou, avec les premiers rayons de soleil de 2011.

31 décembre 2010

Le salut.

   A mes yeux il est clair que l'enjeu du conflit c'est, non seulement le sort des nations et des États, mais aussi la condition humaine. Il n'y a là, d'ailleurs, rien que de très naturel. Toujours, la guerre, sous son aspect technique, est un mouvement des sociétés. Les passions qui l'animent et les prétextes qu'elle invoque ne manquent jamais d'enrober une querelle concernant la destinée matérielle ou spirituelle des hommes. Les victoires d'Alexandre étaient celles d'une civilisation. C'est le désir tremblant du barbare qui fit crouler l'Empire de Rome. Point d'invasions arabes sans le Coran. Point de croisades sans l'Evangile. L'Europe de l'Ancien Régime se dressa contre la France, quand l'Assemblée proclama : "Les hommes naissent libres et égaux en droit."


Charles de Gaulle - Mémoires de guerre - Le Salut : 1944 - 1946

La dernière danse avant des millénaires.

   Je crois savoir maintenant pourquoi je me retenais tant de pleurer. Parce que je n'aurais pas su si c'était de joie ou de désespoir. Camille criait, criait comme une aliénée, elle était rouge, saoule et belle, jouant avec son piercing à la langue. Son visage, par moments, frôlait le mien et ses yeux me pénétraient violemment l'âme. Derrière elle, Clara voltigeait au bout des doigts de Logan, comme une feuille tourbillonnée par le vent. Elle avait un tel sourire aux lèvres que ses yeux se réduisaient en deux fines fentes à travers lesquelles elle véhiculait à la pièce des relents de liberté. Lorsque j'étais petite, et que, comme toutes les filles du monde je rêvais de danser, je m'imaginais telle qu'elle était là, à quatre heures du matin, dans un appartement ne dépassant pas les 45m², belle, comme emportée par la musique et emportant tout sur son passage - ce qui lui valut des mains ensanglantées et à Julie quelques verres cassés. Cette dernière, la maitresse de maison - la plus jeune - du haut de ses dix sept ans avait comme toujours ses yeux pétillant, un verre à la main, elle riait à chaque fois que quelqu'un tombait sur le sol, à chaque fois qu'on renversait du whisky sur ses beaux canapés. Pilou était déjà plus ou moins agonisant, titubant à chaque pas, hoquetant à chaque parole de "Aline". Il était beau lui aussi, il avait son éternelle chemise verte à carreaux jaunes, qui n'a pas du voir de lessive depuis le mois d'octobre.
   Salah était venu cette fois-ci mais il manquait Christo. Comme si le destin faisait tout pour que nous ne soyons jamais réunis tous ensemble. Vers 4h49 Lucie a pris la sage décision de rentrer, avec moi. J'ai étreint tout le monde très fort avant de partir. Camille dormait déjà, recroquevillée sur la banquette. Je suis allée la voir en l'embrassant tendrement sur la joue et en lui disant qu'elle allait me manquer. Et elle m'a murmuré je t'aime.
   J'aurais tué pour ne pas leur dire "à l'année prochaine".

27 décembre 2010

Fooled me again but for the last time.

Tu.
Me colles à la peau
tu as l'âge des aubes des étés ukrainiens
je ne sais pas qui tu es,
je ne sais pas d'où tu viens.

Tu
as la saveur d'une tomate
encore vierge des dents
d'une enfant assoiffée.
Je n'ai jamais su couper en rondelles
la douceur de ta peau,
tu me grattes partout, tu me grattes dans le dos.

Ménage ta fougue et range tes ongles cruels
Raye les dizaines de poèmes tristes que tu veux encore m'écrire
éteins la musique (celle de mes soupirs).

enfuis toi quelque part où je ne te voudrai plus.

26 décembre 2010

Nicolas n'a souhaité joyeux Noël comme il convient.

   Une bouteille de Grants pour deux, deux joints, une centaine de vidéos. A 5h55 on fumait dans la cuisine en mangeant des clémentines et du foie gras. A 9h30 on a maté Marsupilami. A 11h32 on a été contraint de se réveiller. Mon Noël ne fut pas si vide que ça tout compte fait.