mardi 18 mai 2010

Camille.

   Je n'ai jamais su tout oublier, tout laisser tomber, tout jeter, tout foutre en l'air ne serait-ce le temps d'une soirée; sauf avec toi. Ta voix calme,  tes yeux de chat, tes belles lèvres qui me disent tout doucement des choses apaisantes ou à mourir de rire, tes yeux qui pleurent de joie ou de rage, tes mains qui tiennent les miennes ou une fine cigarette sont pour moi les étincelles de la fin d'un parfait échappatoire que j'ai laissé passer inconsciemment. Nous ne nous reverrons plus dès juillet, et c'est comme si c'était déjà maintenant car la fin de l'année n'est pas la meilleure période pour profiter de toi. Jamais plus je ne prendrai autant de plaisir à descendre du whisky-coca dans un coin de ruelle qui pue la pisse de clochards, jamais plus je n'irai danser au Rockstore avec la folle envie de te voir bouger au rythme des basses comme si tu était la seule chose vivante qui restait sur terre à mes yeux, plus jamais je ne profiterai de tes fins doigts qui me roulent un cigarette aussi fine qu'une brindille sur l'esplanade sous un soleil brulant, et bientôt même nos cafés communs du vendredi matin serons terminés. Tu me manques déjà comme me manquerait une personne avec qui on a envie de partager non seulement le bonheur mais aussi le chagrin, comme un journal intime, comme un coup de foudre qu'on ne revoit pas.
   Oui, je n'ai pas su consacrer plus de temps à toi et à ton entourage, surement, est-ce là toute l'erreur, mais c'est une faute irréparable, et comme toutes celles que j'ai faites, elle me fait mal. J'aurai besoin de te voir, et c'est pour cela que je ne mangerai pas les midis de l'an prochain, pour me payer un billet de train une fois par mois et venir passer une nuit avec toi, avec les autres, une nuit où je serai heureuse comme je n'ai jamais appris à l'être.

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