samedi 8 novembre 2008

Hyène.

   Il y a quelques instants tu siégeais là au sol, les doigts enfouis sous les racines des brindilles déjà jaunies mais encore ivres de gouttes de rosée, tu as cru bon de te trainer au sol sous des milliers de pieds qui te contournent pour ne pas te piétiner. Tu chatouillais les mollets de tes doigts boueux et bientôt une file d'âmes était accroupie devant ton corps - ton cœur ! - menteur, et bras baillant nous t'offrions des centaines de jolies voix qui te faisaient éclore mais tu pleurais encore, pour t'arroser un peu et nous noyer sous toi.
    Je ne sais plus si je suis sous la marre de ton jeu ou si c'est toi qui flotte au loin mais tu ne sens plus la franchise et le sourire, tes cils clignotent aux temps voulus et ta langue claque contre tes dents comme un fouet brulant, saignant. Tu t'es domptée, et moi je suis hors de ta cage.

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