La nuit est passée,
Les journées ont passé
L'été s'est émietté
Le soleil s'est décomposé sur ma peau
Je suis bariolée, je suis fatiguée,
Des mois que je n'avais pas pleuré à t'en briser la cage thoracique,
C'est pareil tous les aoûts, toutes les dernières soirées,
Je passe ma vie à attendre les dimanches sonores, les lundis câlins, les soirées à vingt
Le temps passe en trombe en la compagnie de vos sourires,
Je garde en tête toutes les perles, les jeux de mots, les blagues nazes,
Je meurs de chagrin avant chaque septembre,
Je meurs de chagrin ce soir,
Pour une année encore.
30 août 2016
Bientôt la fin
25 août 2016
Véritablement
Le déclic s'est fait à deux heures du matin, dans mon lit, dans le noir. Je suis rentrée saoule, saoulée, fatiguée, acharnée. Je me suis plongée dans la mollesse de mon matelas après avoir pensé à tout le confort du monde - le verre d'eau, le baume à lèvres, le réveil - ... j'ai glissé mon coussin entre mes cuisses, la couette sur mes hanches, l'oreiller entre ma tête et mon épaule et j'ai fermé les yeux, et j'ai songé à toi.
Niaiseries...
J'aurais posé tout le poids de mon bras droit sur ton torse, juste en dessous de tes tétons car tu serais en train de dormir déjà depuis bien longtemps sur le dos. J'aurais peut être râlé car ton souffle rauque serait en passe de devenir un ronflement agaçant. J'aurais râlé. J'aurais fait mine de chatouiller tes cotes sans aucune réponse et j'aurais pensé à ce qui pourrait me faire dormir.
Soupir,
Douceur...
Les autres choses sont d'une lassante tristesse ; peut être aurais-je eu envie de toi, un moment, avant de faire fuir mes yeux de leurs orbites. J'aurais pu penser mille maux... j'aurais pu être ailleurs. Mais aucun baiser n'aurait eu cette saveur...
Je t'aime un peu tous les jours, tu es le sel de mes après-midis, l'acidu de mes soirées, le volontaire de mes battements de coeur, mon charmant bonheur.
Soupir,
Douceur...
Les autres choses sont d'une lassante tristesse ; peut être aurais-je eu envie de toi, un moment, avant de faire fuir mes yeux de leurs orbites. J'aurais pu penser mille maux... j'aurais pu être ailleurs. Mais aucun baiser n'aurait eu cette saveur...
Je t'aime un peu tous les jours, tu es le sel de mes après-midis, l'acidu de mes soirées, le volontaire de mes battements de coeur, mon charmant bonheur.
Je m'endors, encore.
29 juin 2016
Bonjour l'été
J'ai pas aimé dire au revoir ce soir
A tois, à nous, aux lampadaires
- je mets les toits au pluriel car vous y êtes si haut perchées... -
Mon derme a conservé la caresse de vos embrasses
Je resterais bien ici, mais il y a une chose qui crasse les haut toits de Paris
C'est le gris vernis des joues de cette belle dame flétrie.
Il encrasse mes poumons, mon ventre - maintenant que je sais qu'il faut respirer par là -
Mes talons
Mes yeux
Tâtonnent plus volontiers un sol moins bétonneux.
Pourtant mille merveilles m'enveloppent tout comme vous de leurs plus beaux bras
Mais je serre des dents, je serre les poings, je serre du coeur
Respirer ici n'est pas dans mes humeurs
Moins que partout ailleurs, partout dehors nulle part là-bas, tout bas...
"J'aime pas Paris" : combien de fois ais-je prononcé cette phrase ?
Balustrade illusoire soutenant mes envies de me dire que c'est provisoire.
Pro-vi-soire
C'est une poivrière que de prendre le métro cinq fois par jour
Même pincement, même amertume noire dégarnie
Les escaliers interminables, essouflants, les tourniquets grinçants et les pastilles multicolores chenilles
Cela fait vermicelle dans mon cerveau et dans mon estomac
Je régurgite les secousses sous forme de mal de crane.
Ce n'est pas l'alcool qui me fait ça
Avant tout allait bien
Bientôt tout ira bien
Bientôt, jusqu'à demain
Je ne regrette rien
De rien.
05 juin 2016
Jean-Henri Fabre, Souvenirs Entomologiques, tome 1.
Le scarabée sacré
Voici à l'oeuvre les Coléoptères voyageurs à qui est dévolue la haute mission d'encourager le sol de ses immondices. On ne se passerait pas d'admirer la variété d'outils dont ils sont munis, soit pour remuer la matière électorale, la dépecer, façonner, soit pour creuser de profondes retraites où ils doivent s'enfermer avec leur butin. Cet outillage est comme un musée technologique, où tous les instruments de fouille seraient représentés. Il y a là des pièces qui semblent limitées de celles de l'industrie humaine ; il y en a d'autres d'un type original, où nous pourrions nous-mêmes prendre modèle pour de nouvelles combinaisons.
[...]
Comme dédommagement à sa besogne ordurière, plus d'un exhale l'odeur forte du musc, et brille sous le ventre du reflet des métaux polis.
[...]
Comme dédommagement à sa besogne ordurière, plus d'un exhale l'odeur forte du musc, et brille sous le ventre du reflet des métaux polis.
Jean-Henri Fabre, Souvenirs Entomologiques, tome 1.
12 mai 2016
Je voudrais partir sans te dire au revoir,
Je voudrais ne pas t'écrire, ne pas imaginer la texture de ta peau, ne pas penser à ton regard doux, mou, humide. Je voudrais respirer tranquille, loin, très loin de toi, encore plus loin que d'habitude, sans cette pesante boule au ventre qui me crispe et me courbe les épaules.
Je pense avec étonnement et surprise qu'aujourd'hui j'ai passé une bonne journée, malgré... toi. Malgré la pluie, malgré, les cours, malgré le stress et la fatigue. Grâce aux gens. Grâce à tous ces personnes qui m'entourent et à qui je n'accorde jamais assez d'importance car mon esprit est toujours occupé par toi ; par ton absence.
Je ne veux pas te quitter, on ne peut pas quitter quelqu'un quand on n'est jamais ensemble, cela ne s'appelle pas comme ça. Je ne veux pas qu'on se quitte. Je ne veux pas te retrouver toi, je veux te retrouver changé, je veux revenir sereine, reposée, fatiguée de plaisir, de plaisir que j'aurai vécu seule sans avoir voulu le partager avec toi. Je veux revenir la tête vide, le coeur léger, sans penser à nous, à ma solitude, sans cesse. Je veux voir des couples sans me sentir bancale, je ne veux plus qu'il y ait de peine dans mon coeur quand tu es absent.
Je voudrais qu'il se passe de belles choses dans ma vie. J'aimerais en secret que tu y contribues. J'aimerais te savoir impliqué quelque part dans notre petit conte. J'en ai assez des histoires qu'on s'invente, je voudrais écrire quelque chose qui sort d'entre les lignes, qui déraille, qui décoiffe, qui fait trembler les commissures des lèvres.
Sauras-tu saisir ça ? Saurais-tu aller dans cette direction ? Sais-tu que c'est possible, même encore ?
Je voudrais ne pas t'écrire, ne pas imaginer la texture de ta peau, ne pas penser à ton regard doux, mou, humide. Je voudrais respirer tranquille, loin, très loin de toi, encore plus loin que d'habitude, sans cette pesante boule au ventre qui me crispe et me courbe les épaules.
Je pense avec étonnement et surprise qu'aujourd'hui j'ai passé une bonne journée, malgré... toi. Malgré la pluie, malgré, les cours, malgré le stress et la fatigue. Grâce aux gens. Grâce à tous ces personnes qui m'entourent et à qui je n'accorde jamais assez d'importance car mon esprit est toujours occupé par toi ; par ton absence.
Je ne veux pas te quitter, on ne peut pas quitter quelqu'un quand on n'est jamais ensemble, cela ne s'appelle pas comme ça. Je ne veux pas qu'on se quitte. Je ne veux pas te retrouver toi, je veux te retrouver changé, je veux revenir sereine, reposée, fatiguée de plaisir, de plaisir que j'aurai vécu seule sans avoir voulu le partager avec toi. Je veux revenir la tête vide, le coeur léger, sans penser à nous, à ma solitude, sans cesse. Je veux voir des couples sans me sentir bancale, je ne veux plus qu'il y ait de peine dans mon coeur quand tu es absent.
Je voudrais qu'il se passe de belles choses dans ma vie. J'aimerais en secret que tu y contribues. J'aimerais te savoir impliqué quelque part dans notre petit conte. J'en ai assez des histoires qu'on s'invente, je voudrais écrire quelque chose qui sort d'entre les lignes, qui déraille, qui décoiffe, qui fait trembler les commissures des lèvres.
Sauras-tu saisir ça ? Saurais-tu aller dans cette direction ? Sais-tu que c'est possible, même encore ?
04 mai 2016
J'ai attendu ce moment toute la journée. M'enfermer sous la douche, allumer le jet d'eau chaude et me le verser sur la tête pour ne pas sentir les larmes couler à flots. Je ne savais pas que j'étais capable d'autant d'amour, de peine et de rancoeur en même temps. Je ne sais pardonner, je ne sais qu'endurer. Je me sens vide, comme il a six ans, comme il y a quatre ans, quand je comprenais que je suis toute seule et que je suis loin d'être entière, que je n'étais que du coeur en poudre à ajouter à tous les mets. Je n'ai plus faim, et tu ne me dis que des mensonges. J'ai essayé durant quatre ans de te traduire chaque lettre du mot je t'aime, de se mouvoir avec toi, doucement, de te montrer comment lever la tête, ensemble, en même temps. Aujourd'hui on se tourne le dos et on fonce le nez vers le sol, à bouffer la poussière. C'est tout ce qui reste de tes belles paroles, de mes insupportables crises, de nos solitudes. Je suis beaucoup trop seule, même avec toi, et je ne sais plus où je dois tremper mes racines pour refleurir, revivre. Je suis seule, je suis seule je suis seule et tu es incapable.
01 mai 2016
Aurore
Je suis la pluie et le beau temps
Le clergé et le tiers état
Le chant et l'oiseau
Le violon et la sourdine
Le clergé et le tiers état
Le chant et l'oiseau
Le violon et la sourdine
Les maraîchers me zieutent
Passer en trombe
Passer en trombe
Je suis le vent et le soupir
La balafre et le sourire
Le miel et la salpêtre
Je suis la poussière qui s'éparpille au bout du monde
La balafre et le sourire
Le miel et la salpêtre
Je suis la poussière qui s'éparpille au bout du monde
Les trottoirs me lèchent les semelles
Je suis bien agile
D'éviter les volets ouverts
(Pour peu qu'ils me balancent des éclats d'étoiles)
La nuit s'est faite pâle :
Je suis bien agile
D'éviter les volets ouverts
(Pour peu qu'ils me balancent des éclats d'étoiles)
La nuit s'est faite pâle :
Le soleil s'est couché il y a dix heures ;
Il se lève,
Je vais prendre son relais
Rayonner sur l'oreiller. Après tout nous sommes le premier mai.
Il se lève,
Je vais prendre son relais
Rayonner sur l'oreiller. Après tout nous sommes le premier mai.
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