27 mai 2012

Mesdames.

   Craquer sur elles. N'importe qui : une grande brune aux cheveux bouclés, une à moitié rasée avec un beau chapeau ou une petite emogirl châtain clair. Elles sont toujours là, à me jeter des coups d'oeil, des sourires, à me demander une cigarette, ou bien à ne rien faire. Je les aime, je les envie, je les complimente. Je les regarde danser : certaines ne font que bouger la tête, d'autres gesticulent de tous leurs membres, et les plus inatteignables se mouvent comme des cobras. Je me débrouille toujours pour venir les regarder yeux dans les yeux, leur dire deux mots, leur toucher les cheveux...
   Petites manies qui se transforment en TOC ces soirs ou les kicks tapent jusqu'à l'aube...

12 mai 2012

Il est huit heures
Paris ne s'éveille pas
ou peu.
J'ai eu froid aux yeux
au ventre
aux mains
mais pas au coeur.
Il y a des choses qui se passent sans se passer
on boit beaucoup et parfois
ça nous laisse peu de goût amer.
Amis de ce soir, inconnus de demain,
je vous rejoins, je vous ai rejoint.
Amie de toujours, tu as disparu,
un litre et demi parti dans les bouches d'inconnus...
Encore eux, ces salopes, ces belles filles
aux cheveux courts.
Que veulent-elles
de plus
que ma présence
que l'ignorance
qu'un verre d'eau ?!

"Qu'importe l'endroit, pourvu qu'il y ait l'ivresse",
dirait sans doute en russe un mec bourré aux quais de Seine...
Qu'importe l'heure, qu'importe le bonheur
Si on n's'en souvient plus,
est-ce si mal, après tout ?
Qu'importe l'envie, qu'importe le choix
pourvu qu'il y ait un peu de temps
un peu de premières fois.

Pourvu qu'il y ait
une once de vérité : des yeux bleus marrons
de la chaleur humaine
un rayon de soleil (toujours sur les quais de Seine...)

Au revoir Paris,
au revoir, et à bientôt, je te quitte comme chaque nuit quand je sors du Bato'
Je ne peux plus
te regarder en face,
je m'endors jusqu'à ce soir, jusqu'à ce qu'il fasse

nuit. Crépuscule.
Sans scrupules,
car nous nous disons en vacances.
Je renifle :
je sens septembre
je sens déjà ses feuilles mortes.
Je sens la boucle qui reboucle
les soirs qui se chevauchent
les nuits qui s'embrassent
moi qui t'embras(s)e

belle créature que tu es
les jours où il fait moche.

08 mai 2012

Vétheuil.

Monet - La Seine à Vétheuil, 1879

Monet - Débâcle sur la Seine : les glaçons, 1880



05 mai 2012

Maman a trop d'années pour que je m'en souvienne...

La vierge.

Couchée tard levée matin,
femme jusqu'au bout des seins.

   Quels seins tu dois avoir quand le soleil se couche... Je me contenterai de la lune et du soleil, des rêves et des fantasmes, jusqu'à ce que ça tourne à droite. Je te trouverai peut-être là. Tout tourne, tout tourne comme le soleil et la lune, comme toi, comme tes seins, comme ma tête.

26 avril 2012

Parapluies.

Tout va bien
tu vas bien
le temps file
le thé est prêt
tu défiles
tu me défies
je me méfie
tu pars
j'oublie de te dire reviens

Paris gris
Paris d'automne un jour de printemps
Paris m'ennuie, 
un peu comme toi
faut-il sourire 
pour être heureux ?
Faut-il s'enfuir
pour vivre vraiment ?

je ne sais pas
je ne sais rien
il n'y a rien qui reste dans ma tête
seulement des nuages
où baignent des rêves.

19 avril 2012

Pas de nouveau.

   Minuit derrière le seizième, dans un squat art contemporain décoré de roules-ta-paille, base à iPod et fauteuils en cuir. KFC-Martini deux poufiasses aux noms de putes : Kelly et Stella. Rien de gave, rien de passionnant, rien de rien.

   Ce soir c'est pareil : il y a de l'alcool, je suis encore à la soirée, les filles commencent à se coucher, moi je suis là. Je ne m'ennuie pas trop mais je n'y suis pas. Je ne sais pas s'il faut boire plus ou arrêter de boire, je ne sais pas s'il faut rire ou s'il faut cacher ses larmes, je ne sais pas non plus si je dois me taire ou raconter ce qui me passe par le crâne.
   Des mois, des mois que c'est comme ça. Il n'y a rien. Rien le lendemain quand le réveil sonne, rien non plus quand le soleil se couche. Rien de rien.
Autant ne pas en parler.