26 septembre 2011

Le berceau.

   J'ai arrêté d'écrire, j'ai arrêté de vivre.
   Je n'ai rien à faire hors de ces murs. J'attends le miracle. Mon chat dort sur des livres, et moi je n'arrive même pas à les ouvrir. Et ce sera toujours ainsi : un week-end entre chaque cours, puis quelques heures de révisions et puis le vide. Le vide concentré sur un écran d'ordinateur. Comment fait-on pour s'habituer à la belle vie ? Je n'envie pas ces pauvres gens qui travaillent, se lèvent à six heures moins le quart pour aller en prépa ou derrière une caisse de supermarché toute la journée, bien sûr que non. Je n'arrive juste pas à assaisonner mes journées vides et tendres.
   Je veux me réveiller. Je veux dégourdir mes jambes, les prendre à mon cou en fermant les yeux et me laisser guider par la succession incessant de pluies et de rayons de soleil.

18 septembre 2011

Chatteries.




   Nala a cinq mois.
   C'est après avoir sauté sans succès sur la hotte de la cuisine de laquelle elle a glissé et est tombée dans le saladier plein d'aubergines qui s'est explosé par terre, ce qui a provoqué une course poursuite acharnée autour du canapé qu'on a réussi à lui faire ses premiers vrais câlins.
   En plus de ne pas savoir miauler correctement, elle n'a pas l'air de savoir ronronner. Elle est peureuse et curieuse, elle m'a déjà baptisée de mille griffures, mais elle est adorable avec son regard ahuri et furtif. 

08 septembre 2011

Picasso - Onze séquences du taureau, 1945.












et pour découvrir tous ses chefs d'oeuvres, c'est ici.

30 août 2011

Pas de mots.

Coucou, je suis toute verte
de peur
toute verte comme l'herbe qui pousse
verte comme le t-shirt qu'elle portait tout à l'heure quand je l'ai serrée dans mes bras.
Verte comme le feu tricolore qui nous indique comme peut poursuivre notre route, comme le printemps, comme un diabolo kiwi.

J'ai sur la langue les prénoms de tous ceux qui vont me manquer et qui partent aux quatre coins du monde. Et surtout, moi.

26 août 2011

Les cartons approchent.

   Et voilà. Trente trois mètres carrés à deux rues du Sacré Coeur. Parquet, cuisine équipée, douche italienne, au calme mais à deux pas du coeur du dix-huitième, un peu comme dans les rêves. Tout ça pour un milliers d'euros. Il pleut ce soir à Paris. Je me demande si les pavés sont glissants à Montmartre...

   Je vous invite à passer nous rendre visite quand bon vous semble dans l'année, à Jude et moi, nous aurons un chouette clic-clac pour vous accueillir, le wifi, la télé, des tonnes de bouquins. 
   J'ai hâte d'être à la rentrée, finalement. (Même si Maman va me manquer.)


Chambre

Cuisine

Salon

24 août 2011

Un dossier complet ne veut rien dire.

   Je suis comme ces petites bestioles qui rampent parterre à la campagne : égale aux milliers d'autres, insignifiante, apeurée par la grandeur du monde, préoccupée par le train-train quotidien. C'est difficile de trouver un chouette appartement à Paris, c'est difficile de se résoudre à y vivre. Si cela se trouve, je n'aurais pas dû vouloir tout ça.
   J'ai sommeil à 21h15, est-ce la vieillesse, ou l'épuisement ? J'ai déjà dix-neuf ans, tout de même. Je me pose de plus en plus cette stupide question que tout le monde se pose un jour : pourquoi faire des études ? Pourquoi travailler ? Machin, bidule... J'ai des heures et des heures devant moi chaque jour et pourtant je les laisse s'enfuir et je ne les regrette que quand elles sont perdues. Les petites bestioles, elles, au moins, ne font pas attention aux aiguilles qui tournent. J'ai subitement envie d'écrire, mais je n'ai rien à raconter, même pas d'histoires fictives. Il y a des gens qui vont me manquer. Je me demande si les fourmis se manquent entre elles...


* * *


Fissures : une avalanche de ruelles
sur un mur crépi,
comme un violoniste qui rate sa note et nous déchire les oreilles
Les marchands de glaces n'en font pas autant, ils nous offrent la béatitude de la fraîcheur
comme une nouvelle seconde de vie
Et pourquoi savoir bien écrire si les choses sont revivables à perpétuité ?
Seconde après seconde
les murs se fissurent
on ne le voit jamais en direct
mais quand on revient dans un appartement depuis longtemps abandonné
on les voit par milliers comme si c'était l'oeuvre d'une araignée
qui essaierait de manger toute la poussière.
Et nous, le temps nous mange
Et nous, on mange quoi ?
Des débris du temps ; de la bile de notre vécu ; de belles images difficiles à digérer.
Un peu de tout.
C'est pour ça qu'à chaque fois qu'on pense, on a l'estomac lourd. 

17 août 2011

Cela faisait une éternité.

   Nous étions trois, et, parlant incessamment de drogues, nous avons enchaîné le Triskel, la Taverne et le Charlie's où j'ai étonnamment pris une pinte. Je ne sais pas si c'est l'alcool, la fatigue ou autre chose, mais j'étais bien dans me pompes - malgré quelques problèmes de pipi... - comme jamais ! Jude voulait absolument un pizza, et moi absolument une épicerie histoire d'acheter une fiole qui m'achèverait un peu plus. Sauf que sur le trajet qui nous menait rue d'Alger on a croisé celui que Lucie croyait être Jésus. Et pour rigoler, on a passé une heure à chercher son prénom ; lui a trouvé les nôtres en un rien de temps, c'était époustouflant ! L'achat de la pizza et de l'alcool s'est super bien passé, je vous assure mais le meilleur était encore à venir. Nous avons attendu les potes d'Antoine (Jésus, vous suivez ?) qui étaient au Panama. On s'est aperçus que dans le groupe il y avait Mathilde, la petite cousine de Jude, alors on est tous allés chez lui, où on a parlé de nos connaissances communes, et fait de la musique. Ils sont partis vers six heures, et quand on a raccompagné Lucie, le soleil s'était déjà levé à l'horizon (je ne sais pas comment on a réussi à rentrer, titubant, et s'engueulant tous les 50 métres), à tel point qu'au moment de se retrouver dans le lit, il faisait déjà complètement jour.