22 mars 2013

Le soleil des limaçons.

   Un récit relevé à Martorell [J. Amaded 1950b : 905] explique pourquoi les limaces et les escargots se traînent par terre : insatisfaits de leur condition ils présentèrent une pétition au Bon Dieu. Les limace avaient pris la tête de la mutinerie et, au dernier moment, les escargots, pusillanimes, refusèrent de signer ; Dieu punit alors leur couardise en leur ôtant les pattes et comme les limaces étaient plus coupables il leur supprima la coquille. Depuis lors tous deux se traînent sur le sol, se lamentent sur leur triste destin et laissent partout où ils passent la trace brillante de leurs larmes.

In Claudine Fabre-Vassas - Le soleil des limaçons, Etudes rurales, juillet-décembre 1982.

06 mars 2013

mon écrivain.

J'ai d'autres chats à fouetter plutôt que de t'aimer, mais tu écris si bien que je me surprends à t'aimer encore un peu quand je te lis.

22 février 2013

"We go".

Coucou,
je pleure
de bonheur
car ce ne sera plus l'argent qui le fera
(ou si peu...).

10 février 2013

Sesshu Toyo – paysage d'hiver

Sesshu Toyo – paysage d'hiver, fin XVème s., encre sur papier, 46x30cm, Musée national de Tokyo

Tout sortir...

   Écrire, écrire, écrire écrire. Voilà des soirées entières que ça me trotte dans la tête. En rentant chez moi, je me raconte tout, tout bas. Comme si je ne savais pas, comme si j'avais besoind e savoir d'avantage.
   En sortant de la rame du métro, j'ai vu une photo d'identité trainer parterre. Homme, métisse, 25 ans. Comme à mon habitude, par timidité, je ne l'ai aps ramassée. J'aurais dû. je lui aurais inventé une belle histoire... Et puis, vingt mètres plus loin, un paquet de Golden Virginia en plein milieu de la rue. C'est certain, on ne l'a pas jeté ici comme ça, quelqu'un a du le faire tomber de sa poche, il devait être plein, à moitié plein au moins. mais non, je nel'ai pas ramassé. Je susi à deux doigts de retourner dans la rue pour el reprendre. Flemme. rêverie.
   Ils ont mis du sable sur les escaliers de la bouche de métro. Ils savent. Ils savent qu'il va neiger. Moi je m'en doute : il fait si beau, et si froid. Comme un été en montagne. 
   Je ne sais pas si j'aime ou si j'ai peur. De ma vie, de mon quotidien, de ce que je fais. Voilà chaque soir que je me pose la question : est-ce que j'apprécie ce que je fais à cet instant, ou bien dans ma vie, en général ? je frise la schizophrénie : oui-non, oui-non, da-oui, non-non. Oui. Ou pas. Parfois j'aime réaliser la moindre des actions que je fais, parfois tout me semble écœurant. Alors je ne sais si j'aime ou si j'aime pas, si j'apprécie ou non de vivre ainsi, de vivre tout court. C'est fou. c'est bête. C'est même très con.
   Je ris beaucoup pourtant. Quand je ris, je me surprends à retrousser mes babine, comme les hyènes quand elles grognent. j'ai l'impression de ne pas faire exprès de le faire exprès. Je ris bizarrement, pour des trucs bizarres ; pour rien. Me voilà frustrée de l'épanouissement, un véritable oxymore sur pattes, rêvant de talons aiguilles en Doc Marteens.

   C'est tard. Demain je dois appeler mon frère. Je hais, je hais appeler des gens. Je hais le téléphone. Il me fout les jetons le boutons vert pour décrocher. Je dis tout ce soir, alorsque je ne suis même pas saoule. C'est inquiètant, ou normal, ou on s'en fout.

   Dormons.

02 février 2013

Paresse.

La véritable volonté, c'est décoller la tête de son oreiller le matin.
Le reste, c'est de la rigolade.

18 janvier 2013

De l'autre côté.

   Ce que tu me donnes envie... Je n'aurais jamais pensé avoir la foi de me dire qu'il faut que je travaille, qu'il faut que j'étudie, qu'il faut que je vive. Je crois que c'est la première soirée de ma vie où j'ai envie de faire comme les grands, pour réaliser des rêves d'enfant. 
    « Il faut que tu viennes me voir au bout du monde ! »
   Envie de partir, pour la première fois de ma vie, de partir loin, comme tout le monde. Vivre. Je vais réviser plus, faire mes CV, me lever plus tôt et me coucher plus tard. Mais je voudrais, quelquefois, passer une matinée avec toi dans la pénombre d'une boite, quelques heures en début de soirée dans l’exiguïté d'un studio. Boire, fumer, parler : vivre.
   Mon Dieu, ce que tu es vivante. Ce que tu brilles, ce que tu donnes envie. 

   Dehors il neige, et tu as envie de faire un bonhomme. Moi, je te vois déjà glisser parterre et atterrir les fesses dans la poudreuse, et je ris d'avance, je ris comme à chaque fois que tu me parles. C'est fou, ces coups de foudre à l'improviste. Tu as eu le culot de ramener une vodka chez moi, un soir. Et maintenant, tu es là chaque soir, sur mon écran d'ordinateur, de téléphone, ou même devant mes yeux. J'ai l'impression de vivre avec toi. Ca me rend plus vivante. J'ai l'impression de me décupler, d'éclore, de m'étirer dans tous les sens.
   L'an prochain, j'ai envie de m'étirer jusqu'à l'autre bout du monde. Retrouver ton sourire framboise Yves Saint Laurent dans un pays où je ne saurai même pas dire bonjour. Je te dirai bonjour à toi, et ce sera suffisant. Et on fera la fête, les touristes, les loques, les filles. On vivra. Comme dans un rêve. Sauf que cette fois-ci, on sera éveillées.