samedi 6 septembre 2008

Emmanuelle.

   Elle était petite, et un peu tassée sur elle même, surement par manque d'assurance. Elle s'était assise sans dire un mot avec les autres, au bord de la table en bois, délabrée, ramollie par la pluie et des inscriptions de tous genres, et surtout un peu trop étroite pour autant de gens. Il s'étaient serrés et parlaient tous de choses sans intérêt, sans lui prêter la moindre attention. Elle, elle se taisait. Ses deux coudes étaient posés cote à cote sur un journal frais du matin qu'elle ne lisait pas, contrairement aux autres. Dans ses petites mains elle appuya doucement son menton. On aurait dit une enfant, encore mal réveillée, encore rêveuse. Elle avait les traits fins et arrondis, un visage en cœur, des lèvres roses, quelques rares taches de rousseur sur les pommettes et la peau surement plus douce que celle d'une pêche. Et retroussait son nez charmant de temps à autres, peut-être pas mégarde, ou alors c'était un tic, elle titillait discrètement ses joues avec ses doigts soignés, avait l'air impatiente. Une frange longue, brune, assez épaisse cachait ses sourcils, ses yeux grands, verts, gris, avaient l'air fatigués mais étaient grands ouverts sur ces inconnus que nous étions.

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