jeudi 12 mai 2016

Je voudrais partir sans te dire au revoir,
Je voudrais ne pas t'écrire, ne pas imaginer la texture de ta peau, ne pas penser à ton regard doux, mou, humide. Je voudrais respirer tranquille, loin, très loin de toi, encore plus loin que d'habitude, sans cette pesante boule au ventre qui me crispe et me courbe les épaules.
Je pense avec étonnement et surprise qu'aujourd'hui j'ai passé une bonne journée, malgré... toi. Malgré la pluie, malgré, les cours, malgré le stress et la fatigue. Grâce aux gens. Grâce à tous ces personnes qui m'entourent et à qui je n'accorde jamais assez d'importance car mon esprit est toujours occupé par toi ; par ton absence.
Je ne veux pas te quitter, on ne peut pas quitter quelqu'un quand on n'est jamais ensemble, cela ne s'appelle pas comme ça. Je ne veux pas qu'on se quitte. Je ne veux pas te retrouver toi, je veux te retrouver changé, je veux revenir sereine, reposée, fatiguée de plaisir, de plaisir que j'aurai vécu seule sans avoir voulu le partager avec toi. Je veux revenir la tête vide, le coeur léger, sans penser à nous, à ma solitude, sans cesse. Je veux voir des couples sans me sentir bancale, je ne veux plus qu'il y ait de peine dans mon coeur quand tu es absent.
Je voudrais qu'il se passe de belles choses dans ma vie. J'aimerais en secret que tu y contribues. J'aimerais te savoir impliqué quelque part dans notre petit conte. J'en ai assez des histoires qu'on s'invente, je voudrais écrire quelque chose qui sort d'entre les lignes, qui déraille, qui décoiffe, qui fait trembler les commissures des lèvres.
Sauras-tu saisir ça ? Saurais-tu aller dans cette direction ? Sais-tu que c'est possible, même encore ?

mercredi 4 mai 2016

J'ai attendu ce moment toute la journée. M'enfermer sous la douche, allumer le jet d'eau chaude et me le verser sur la tête pour ne pas sentir les larmes couler à flots. Je ne savais pas que j'étais capable d'autant d'amour, de peine et de rancoeur en même temps. Je ne sais pardonner, je ne sais qu'endurer. Je me sens vide, comme il a six ans, comme il y a quatre ans, quand je comprenais que je suis toute seule et que je suis loin d'être entière, que je n'étais que du coeur en poudre à ajouter à tous les mets. Je n'ai plus faim, et tu ne me dis que des mensonges. J'ai essayé durant quatre ans de te traduire chaque lettre du mot je t'aime, de se mouvoir avec toi, doucement, de te montrer comment lever la tête, ensemble, en même temps. Aujourd'hui on se tourne le dos et on fonce le nez vers le sol, à bouffer la poussière. C'est tout ce qui reste de tes belles paroles, de mes insupportables crises, de nos solitudes. Je suis beaucoup trop seule, même avec toi, et je ne sais plus où je dois tremper mes racines pour refleurir, revivre. Je suis seule, je suis seule je suis seule et tu es incapable.

dimanche 1 mai 2016

Aurore

Je suis la pluie et le beau temps
Le clergé et le tiers état
Le chant et l'oiseau
Le violon et la sourdine

Les maraîchers me zieutent
Passer en trombe

Je suis le vent et le soupir
La balafre et le sourire
Le miel et la salpêtre
Je suis la poussière qui s'éparpille au bout du monde

Les trottoirs me lèchent les semelles
Je suis bien agile
D'éviter les volets ouverts
(Pour peu qu'ils me balancent des éclats d'étoiles)
La nuit s'est faite pâle :
Le soleil s'est couché il y a dix heures ;
Il se lève,
Je vais prendre son relais
Rayonner sur l'oreiller. Après tout nous sommes le premier mai.