vendredi 4 octobre 2013

Le déluge.

   C'est fou d'être aussi triste. Je ne sais pas si c'est la tristesse qui me rend folle ou la folie qui me rend triste. Je vois juste que le ciel me tombe sur la tête et que mes yeux me tombent sur les joues. Les gens sont trop pressés pour être tristes à Paris, moi je suis plus que jamais pressée d'y partir, pour être heureuse. Mais oui, je le sais, ce n'est pas une solution de fuir le problème à 700 kilomètres plus au sud. Que ce sera toujours là, dans ma tête, cette bulle de nostalgie qui grossit chaque jour en se remplissant de liquide qui s'écoule par les yeux et le nez et la bouche pour se remplir encore et encore. C'est drôle : une coquille vide remplie d'une grosse bulle. Il y a la bave et la maison, ne manque plus que l'escargot. Peut-être qu'on m'a bel et bien mangée. Mais qui mangerait d'un fruit aussi amer, aussi sec ? Peut-être ai-je pourri, quelque part au soleil, ou dans un panier à fruits... Ou me suis-je évaporée en restant collée à un mur crépi dans une maison de campagne quelque part dans la Provence ?
   Je ne finis même plus mes longues plaintes laissées ici. Je n'ai plus la force de me plaindre jusqu'au bout.
  

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