mercredi 9 janvier 2013

Anna.

   Elle danse comme si elle avait besoin de danser pour respirer. Elle danse comme un serpent. Elle danse comme une déesse.
   Et elle respire à pleins poumons.
   Jamais je n'aurais cru que voir ça me submergerait d'autant d'envie. D'envie d'être libre. D'envie de danser. Elle dégage la soif de savoir. De savoir danser comme elle. 
   Elle a les cheveux courts et les yeux vigoureux. Je ne sais pas qui elle est mais je la vois danser devant moi et c'est la plus belle danse qui s'est offerte à mes yeux. Elle danse comme quelqu'un qui vit. Elle danse comme si elle racontait une histoire, l'histoire de sa vie, l'histoire de sa vie qui vaut le coup d'être vécue. Jamais. Jamais je pensais que j'associerais le mot "jamais" à des mouvement d'un corps. D'un corps que je ne désire pas. Je voudrais juste qu'elle existe. Qu'elle ne m'appartienne pas, qu'elle ne soit pas moi, qu'elle ne soit pas pour moi ; juste : qu'elle existe. Elle est loin et près ; avec elle, j'ai l'impression de d'être presbyte. Elle me presse les tempes. Elle me les comprime en disant : "danse avec moi. Pour toi". Et je lui ai répondu. Pour moi, pas pour elle...

   J'ai passé une soirée comme je devais en faire depuis des années, depuis des dizaines voire des centaines de fois. Une soirées filles.Une soirée où on danse. Une soirée où elle danse et où je ne suis là que pour y être et non pour jouer un rôle.
   Merci, Anna, d'avoir dansé. D'être venue. De nous avoir fait taire sur nos confidences vitales et superflues. On n'avait besoin que de toi. Que de danse. Que de liberté.

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