jeudi 26 avril 2012

Parapluies.

Tout va bien
tu vas bien
le temps file
le thé est prêt
tu défiles
tu me défies
je me méfie
tu pars
j'oublie de te dire reviens

Paris gris
Paris d'automne un jour de printemps
Paris m'ennuie, 
un peu comme toi
faut-il sourire 
pour être heureux ?
Faut-il s'enfuir
pour vivre vraiment ?

je ne sais pas
je ne sais rien
il n'y a rien qui reste dans ma tête
seulement des nuages
où baignent des rêves.

jeudi 19 avril 2012

Pas de nouveau.

   Minuit derrière le seizième, dans un squat art contemporain décoré de roules-ta-paille, base à iPod et fauteuils en cuir. KFC-Martini deux poufiasses aux noms de putes : Kelly et Stella. Rien de gave, rien de passionnant, rien de rien.

   Ce soir c'est pareil : il y a de l'alcool, je suis encore à la soirée, les filles commencent à se coucher, moi je suis là. Je ne m'ennuie pas trop mais je n'y suis pas. Je ne sais pas s'il faut boire plus ou arrêter de boire, je ne sais pas s'il faut rire ou s'il faut cacher ses larmes, je ne sais pas non plus si je dois me taire ou raconter ce qui me passe par le crâne.
   Des mois, des mois que c'est comme ça. Il n'y a rien. Rien le lendemain quand le réveil sonne, rien non plus quand le soleil se couche. Rien de rien.
Autant ne pas en parler.

lundi 16 avril 2012

Un pré de loin.

Donnes-toi un nom,
Qu'il soit bref,
Que je puisse le crier.
La cime de mon crâne ne sait plus quoi penser
Je me tiens droite pourtant
Comme une cavalière sur ses étriers
Cheval de Troie au bout des doigts
C'est moi qui décide si je te ronge ou si tu me chasses...

J'aimais autrefois
Quand j'étais impatiente de te retrouver sur l'oreiller
Aujourd'hui j'ai trop sommeil pour t'embrasser.
Il fait gris à Paris et nous y habitons,
Moi j'ai envie de vivre là où le temps change, et il change dans le train.
Laisse moi prendre celui que je veux, pas celui de la routine
Laisse moi partir assez longtemps pour que je veuille revenir...
Malheureuse que je suis : bel agneau blanc ne voyant l'herbe verte qu'au loin et pas sous mes pieds; mes yeux sont trop près du sol pour voir ce qui se passe
Laisse moi grandir un peu pour voir de plus loin
Laisse moi avoir le vertige en ayant les pieds sur terre
Je chuterai dans tes bras,
Plutôt que d'échapper ailleurs.

samedi 14 avril 2012

Tôt bien.

   Le bonheur existe le bonheur existe, le bonheur existe. Il est là, dans ma boite mail, il coûte 7 et 41€. Le bonheur ? Il me déposera un peu avant treize heures à Montpellier, moi, je déposerai chez moi ma valise, et j'irai courir en ville rejoindre des visages nimois, des rayons de soleil brûlants, des gobelets de whisky sucré... Ce serons les vacances, les meilleures, car les plus méritées de ma vie.

   En attendant, j'ai un mois et demi à tuer où je dois intercaler des exams à rater, trois semaines de glande à Paris, et un voyage à Rome. Courage.

mardi 10 avril 2012

Pardonne qui pourra.

   Je crois que je suis de nouveau amoureuse. Et vous savez comment je suis quand je suis accroc : je ne vous vois plus, mes amis, je ne pense plus a vous et je m'accroche à ce(ux) qui se rapproche(nt) de près ou de loin de ma nouvelle conquête.
   J'ai une boule dans la gorge depuis ce midi car le temps défile et je pars déjà dans 33 heures. Je ne verrai pas mon amoureux secret pendant plus d'un mois, et des montagnes nous séparent : les exams, le prix des billets de train, les voyages de vacances...
   Une fois chez moi, je penserai à lui en pleurant et le ciel gris et froid pleurera avec moi. Mes amis me remonteront un peu le moral les week-ends tout ça à coup de pintes d'alcools chèrement obtenus en chauffant la carte bleue. Tout ça pour rien.
   Amour impossible au final car on ne peut aimer sans haïr et si je viens le rejoindre je le détesterai de m'avoir entrainé à lui.

   Mais qui est-il, ce garçon, me demanderez vous... Qu'en ai-je à faire d'un homme, d'un femme, un petit rien à quatre membres qui me ressemble ? Mon amour a mille noms : Soleil, Verdure, Musique, Folie, Coup de soleil, Liberté, Aube et Crépuscule, Pastis... Il a mille visages à qui j'ai parlé parfois cent fois, parfois une seule. Je les ai tous embrassés, parfois sur la joue pour dire bonjour, parfois avec la langue pour dire je t'aime.
   Il suffit de faire trente pas pour changer de bar, quinze minutes de tram pour troquer ma chambre contre le centre ville, trente minutes de train pour changer d'agglomération.

   Je déteste un peu mon père de ne pas être très riche. Il aurait pu m'offrir un week-end sur deux au soleil, et j'aurais pu ainsi réussir mes études dans la capitale. J'aurais voulu pouvoir aimer Paris et le Sud sans me déchirer en deux.
   Alors tant pis, je travaillerai l'année prochaine, je mettrai mon égo et ma peur de côté et j'irai garder des mômes, laver des vitres, appeler des gens. Peut-être même que d'ici un an, si je suis encore amoureuse, je m'achèterai une voiture, et que je ferai 1500km en un week-end pour voir des sourires roux, entendre des accents gitans, boire des pastis a deux euros, tremper mes pieds dans l'eau de mer, porter des lunettes de soleil du petit matin jusqu'au petit matin, danser devant de grands murs noirs, voir de toutes les couleurs, voyager dans des aquariums en perles, m'asseoir près du lycée et chercher des visages que je ne connais pas, respirer, vivre mieux, être très heureuse.


mercredi 4 avril 2012

Vite.

   J'avais un putain de sourire aux lèvres, les gens devaient croire que j'ai mangé un clown - carré, en carton, de petite taille - et pourtant je n'ai bu qu'un thé. Nous arivions d'après le conducteur en gare de Montpellier Saint Roch, il répétait : Montpellier Saint Roch. Je me suis assurée de n'avoir rien oublié dans le train, et je me suis ruée vers la sortie, vers les escalators.
   Alors le voilà, cet enchevêtrement de rails, dont l'une des tentacules pourra m'emmener chez moi dès demain. J'ai hâte de voir le boulot de Christian Lacroix. Mais passons, nous n'y sommes pas encore, soyons patients.
   La ville est couleur sable, même le ciel gris est couleur sable, et l'air est plus léger, les gens ont plus de teint, un plus large sourire. Il y a des mouettes au-dessus de la gare. Il y a des enfants qui courent dans la rue, et leurs parents ne les rappellent pas à l'ordre car ils ne se feront pas écraser par un véhicule immatriculé 75. Les bus ont encore des conducteurs ; le mien était moustachu et m'a dit "bonjoureuh mademoiselleuh", et j'ai souri béatement, en pensant à Logan.
   Je susi rentrée. C'est les vacances, et même bientôt les exams. Alors tant pis, je vais rater ces derniers, mais mes vacances, non, je les passerai ici.

dimanche 1 avril 2012

Mauvaise soirée.

   Les pertes ? Elles ont été considérables : un oubli d'achat de pastis et me voilà avec 44€ de courses dans le frigo. Sans le pastis. Alors on retourne acheter le pastis, et voilà 11€ de plus. Pour inaugurer cette nouvelle CB, acquise il y a quarante huit heures, j'ai du passer deux ou trois commandes internet - un bouquin, des cartouches d'encre, etc...
   Et puis, avant de claquer la porte, on décide pour une fois de prendre sa carte d'identité, cachée au fond d'une pochette. En milieu de soirée, plus de pochette, plus de carte d'identité (25€ à refaire, tout de même), et quelques malheureux quatre euros perdus, avec un ticket restau assez gros pour manger dans un bistrot. Alors un demi pêche pêche pêche et un normal pour Clara afin de se consoler.
   Mauvaise vodka, mauvaise soirée, mauvaise mine, mauvais bars. Résultat : on ne trouve pas de taxi à trois heures du matin, seule. Alors on marche à en perdre ses plantes de pied jusqu'à ce qu'un chinois veuille bien de moi dans son véhicule, qui ne me dépose même pas devant la porte, le tout pour neuf euros cinquante.
   Du coup, il est quatre heures, j'ai mal au crâne, mon chat râle, et moi j'ai mal à la gorge à force de me trainer sur Oberkampf avec ce vent.

   Et voilà une mauvaise soirée à 135€60, c'est à croire que le premier avril ne me réussit pas.