vendredi 27 janvier 2012

43.

je t'aime mais...
il y a beaucoup trop de choses que je n'entends plus, que je ne vois plus que je ne sens plus. Je t'aime mais c'est nuageux, c'est gris, et parfois, ça engendre la pluie et l'orage. Alors je pleure sans pleurer car je suis fatiguée. Je suis fatiguée de tes phrases drôles qui sont parfois blessantes ; je suis susceptible, mais toi, tu ne l'as pas bien saisi. Alors je t'aime, comme je l'ai dit mille fois, mais il pleut parfois.

mercredi 25 janvier 2012

Coeur.

Ville Sainte, barycentre de la liberté,
vos rues, votre Dame, le parfum de vos femmes
m'enivrent de beauté ;
vous ne le savez peut-être pas : 
je vous embrasse en cachette trois fois par semaine,
je vous prends en photo quand je rentre chez moi,
je me promène dans vos entrailles le soir et la nuit,
je guette votre silence,
duquel j'ai peur comme de la mort
(cela voudrait dire : "plus rien n'est vivant, plus rien n'est réel"...)

Allons, ne vous taisez pas ! emmenez-moi danser ce soir, après demain, dans une semaine,
emmenez moi dehors, dedans, ailleurs, vers le Sud
emmenez-moi où vous voudrez
je vous suivrai
partout, partout,
je vous suivrai
sur terre
et dans les airs,
j'ai ma carte imagin'R.

mardi 24 janvier 2012

Free.

   Le permis l'année prochaine et du temps libre les week-ends. Pour aller à la campagne, danser un peu.

mardi 17 janvier 2012

Saint-Sabin.

   Le sol n'était pas plat et pour une fois ce n'était pas à cause de ce que nous avions mangé. Nous étions au dix-septième siècle : autour de nous, des tables moyen-âgeuses en bois massif, une autruche empaillée, quelques crânes, des lasers rouges et verts. Et nous. Et le son. Le son qui n'avait pas besoin d'être très font pour qu'on ferme les yeux. Parfois, je voyais ton sourire saccadé par les lumières, parfois un inconnu me poussait violemment sans s'excuser, parfois j'allais boire et c'était ça le plus dérangeant, d'avoir soif.
   Voilà. On s'est remerciées l'une l'autre pour cette soirée, et moi, je te remercie une fois de plus, et j'attends la suivante.

mardi 10 janvier 2012

Oui oui oui non.

je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas je n'y arriverai pas j'y arriverai.

Le Christ et la Croix.

Évangile de Rabula, VIème s., folio 13v.

   « Le Seigneur est donc livré au bon plaisir des furieux, et, pour insulter à sa dignité royale, on l'oblige à porter lui-même l’instrument de son supplice ; ainsi s'accomplissait ce que le prophète Isaïe avait connu d'avance lorsqu'il avait dit : « voici qu'un enfant nous est né et qu'un fils nous a été donné ; il a reçu l'Empire sur ses épaules. »
   Lors donc que le Seigneur portait ainsi le bois de la croix, bois qu'il allait transformer en sceptre de puissance, c'était certes aux yeux des impies un grand sujet de dérision ; mais pour les fidèles un grand mystère s'y manifestait : car ce très glorieux vainqueur du diable et ce tout-puissant triomphateur des forces adverses portait dans un brillant appareil le trophée de sa victoire et, sur ses épaules, avec une invincible patience, présentait le signe du salut à l'adoration de tous les royaumes (...) »
   « O puissance admirable de la croix ! A gloire ineffable de la Passion ! Là se trouve le tribunal du Seigneur, là le jugement du monde, là le pouvoir du crucifié ! »

Léon le Grand - Sermon n°59, ch. 4 à 7, Sur la Passion du Seigneur.

dimanche 1 janvier 2012

12.

Nous avions deux stations à faire, mais l'affichage du temps d'arrivée du métro était bloqué à deux minutes depuis au moins cinq minutes. Quand le métro est arrivé il était 23h48. Il y avait des bretons qui gueulaient dans le wagon, Jude était de mauvaise humeur, et j'avais par dessus-tout peur de passer le nouvel an au sous-sol parisien. Nous sommes sortis du métro cinq minutes avant la nouvelle année. Pilou et Guillaume sont venus nous chercher et nous sommes partis en courant retrouver l'immeuble haussmannien où on devait retrouver le reste de la bande.
   On a toqué à la porte à 23h59 et des inconnus nous ont ouvert alors que tout le monde a crié bonne année, que des bouchons de champagne ont volé, et que la musique montait et montait. Il y avait une centaine de personnes, des porcelaines antiques sur les murs, des lustres grandioses, des meubles en bois massif et des fauteuils style Louis XIV. Il y avait des gazelles trop maquillées et trop court vêtues, des mecs en costard-cravate aux belles bouclettes faites chez un coiffeur. Personne ne connaissait le propriétaire. Je suis allées chercher de quoi me mouiller le gosier dans la cuisine et la bouteille de 5 litres de Grey Goose vide m'a fait mal au coeur, du coup, je me suis soulagée avec du whisky. Le propriétaire m'a prié de ne pas cendrer sur son parquet,
   Après quelques euros dépensés, nous sommes sortis dehors il faisait froid mais chaud, j'ai encore saoulé Guillaume avec des discussions à la con.
   Tout s'est fini vite à cause de clés manquantes, du coup nous sommes rentrés avant l'aube.
   Bonne soirée, en somme.