jeudi 20 octobre 2011

Le mythe de l'humiliation.



   Et tu dis ça mais c'est faux ! Dans le Coran, à l'origine, les nouveaux chapitres commençaient sur la même ligne que les chapitres précédents mais marqués d'une lettre rouge. C'est peut être pour ça, tout de même, que je n'arrive pas à lire, à tourner des pages. Quelle bizarrerie toutes ces choses. Rouge, tout rouge, ou tout noir. Des pages et des pages de lettres évidées de leur teneur en information - des centaines et des centaines de larmes qui ne font plus effet - qui se réunissent, page après page, pour parler de la même chose, ou de choses complètement dissemblables. Ça rime à rien, l'écriture. Écrire notre histoire. Qui a, le premier, comparé l'amour, la vie, à des livres ? Qu'on lui coupe la tête ! "Maudit soit à jamais le rêveur inutile qui voulut le premier dans sa stupidité, s'éprenant d'un problème insoluble et stérile aux choses de l'amour mêler..." l'écriture. Ce n'est bon que pour les honnêtes gens. Les graves partisans de la vie conforme qui s'endorment chaque soir à l'heure qu'ils avaient prévu le matin : c'est pas nous, ça. Nous sommes des gens construits autrement. Les circonstances qui ont été engendrées par le fait qu'on se rencontre n'ont jamais connu la stabilité des lignes. Tout a été contre nous - les pages ont tourné à l'envers, c'est sur la dernière page d'un magasine télévisé qu'on a lu qu'on allait vivre ensemble. Ce n'est peut être même pas une coïncidence.
   J'espère que je dormirai bien cette nuit.

jeudi 13 octobre 2011

La nausée invisible.

   Je riais parce que j'étais enfin de bonne humeur, apte à me sociabiliser. En fait, j'étais pire que de bonne humeur : j'avais cette espèce de bougeotte qui m'ajoutait des ailes invisibles dans le dos qui me faisaient sautiller, planer sur le trottoir. J'écoutais, je répondais dans ma tête à des question qu'on ne me posait pas, j'avais envie d'une cigarette au gout divin que je n'avais pas envie de me rouler, j'étais heureuse qu'il bruine. J'étais contente qu'il y ait Clément avec nous, j'étais contente de ne pas avoir vomi dans le bus, et finalement, j'étais contente de ma soirée.
   Je riais. Je riais parce que à sept heures dans le métro, un jeudi, il y a des dizaines, des centaines de gens aux visages blasés qui vont travailler, enveloppés de leurs manteaux gris, de leur humeur macabre, de leur triste vie. Moi, je ne comprenais pas comment il était possible d'aller travailler un jeudi matin.

   8h51 : j'avais un peu sommeil. J'ai réouvert les yeux à 14h43 avec mon chat qui dormait juste à coté de ma tête comme un bébé. Bref, j'ai fait une soirée au Batofar.

dimanche 2 octobre 2011

Paris d'octobre.

   L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Mais qu'ont ceux qui ne sont même pas encore couchés à cette heure là ? Ces boulimiques de la festivité, encore vifs dans les premiers métros, encore fous d'envie de vouloir se resservir encore un verre, de se rouler encore une clope, d'écouter une dernière musique...
   Ceux qui envient la vie des chats, ils ne sont bons que pour un carambolage.

samedi 1 octobre 2011

"[...] tout ce que j'ai fait, je l'ai fait par passion."

"Je mets un bouquet sur la table, je voudrais que le tableau une fois terminé [...] un jardinier puisse y reconnaître toutes les variétés de fleurs ; mais je ne sais pas ce qui se passe en route, ça devient des jeunes filles qui dansent..."

Henri Matisse.

Matisse - Les Capucines à la Danse, 1912