mardi 28 juin 2011

Le bol d'air comprimé.

   Je n'ai plus de cheveux, je n'ai plus d'argent, j'ai un rhume alors qu'il fait trente cinq degrés dehors. J'ai pleuré hier, mais à tord car tout allait bien, je suis fatiguée, il ne reste que des photos, seulement des photos et des bons souvenirs. Maintenant quand je serait triste je penserai à Simon qui coupe son poivron et qui est étonné de le trouver vide. Je ne penserai pas à Boris qui est mort ce matin. Je ne suis qu'une boule de stress car les notes du bac arrivent dans une semaine et que dans deux il faudra qu'on ait signé le bail pour un appartement à paris. Et le déménagement. Il m'horrifie le déménagement ! Les livres. Je ne sais pas lequel piocher. j'ai envie de lire mais je n'y arrive pas, j'ai toujours le gout de foie gras, gambas, rhum et camel dans la bouche. C'est le restau, c'est notre restau et nos baisers qui me font ça. Malgré la beuh.

vendredi 17 juin 2011

L'an prochain.


Je fais partie des
382 admis sur 2332
à l'École du Louvre.
(sisi)

Et Jude, et Jude aussi. Le rêve devient réalité.
L'année prochaine, on étudiera donc dans le premier. haha !

jeudi 16 juin 2011

Le début de la fin.

   Moi qui croyait que ça n'arriverait jamais. Me voilà tant bien que mal arrivée à la fin de la première journée d'épreuves du baccalauréat. Réveil en sursaut grâce à J. qui m'a appelé à 7h16 (et qui est passé à la télé complétement sec ce matin). Sans lui, je n'y serais pas allée, j'aurais continué à dormir.
   Nietzsche et sa vertu m'ont troublé en douze pages, quand à Quignard, il m'a fait parler de petite viole et de liquide amniotique. Il ne me reste plus qu'à jeter mes fiches de révisions, et à ranger mon classeur de philo au fond d'un étagère, pour qu'il se couvre de poussière. Demain je ferai de même avec mes cartes de géo et mes micro-résumés de la situation politique en France, de 45 à nos jours. Sauf qu'il est 22h14 et que je n'ai toujours pas commencé mes révisions.
   Puis il y aura un week-end rempli d'anglais et d'espagnol (pour être prête la semaine prochaine), ainsi que de grands verres alcoolisés (parce que Julie est là et que je ne l'ai pas vu depuis trois mois et que je ne la reverrai plus jusqu'en septembre).

   Sonia a déjà commencé à zieuter les apparts pour l'an prochain, et toutes les demi heures je consulte seloger.com à la recherche de notre futur nid de bonheur. Alors que je ne sais même pas où j'irai l'an prochain. J'ai hâte d'être à mardi, 17h : je me couperai les cheveux, je fêterai la musique, j'embrasserai J. toute la nuit. Et le lendemain, un Teoz nous amènera dans la ville rose pour cinq jours d'évasion.

vendredi 10 juin 2011

Bateau.

   Ce qu'il y a de meilleur au monde,

   C'est Axel au piano,
   Baptiste à la batterie,
   et Jude à la guitare

   Et la fin de la clope qui se fume dans mon gosier.

   & la magie s'arrête quand quelqu'un parle.


   Merci.

dimanche 5 juin 2011

Le déluge.

Il pleut comme jamais il n'a plu sur terre.

Blanc et noir.

Il y eût deux choses.

Il y eût :

   Quatre heures du matin. Jude et Axel jouaient un duo jazzy au piano et c'était le plus beau morceau du monde. Je parlais russe avec Lucie, je buvais un cocktail de rhum : mon cinquième de la soirée. Mon dos se reposait sur la canapé le plus agréable du monde : celui du salon de chez Dub. Je suis venue à peine une quinzaine de fois chez lui dans ma vie et je m'y sens mieux que dans ma propre chambre. Je buvais et ma bouche sirotait à ma place. Je crois que ce soir, pendant quelques minutes, j'étais heureuse. Heureuse dans la plus grande intimité : devant quatre personnes, des morceaux de coeur.


Il y eût :

   Trois heures du matin. Je venais de m'emparer de la vodka-kass qui était dans les mains d'Eloïse. Je riais et criais sur des inconnus aux prénoms exquis : Balou, Mathias, Dim. Mathias avait des couilles pleines, Dim en avait ras-le-bol et Balou était le mec à la chemise bleue et au coeur remplacé par un paquet de Malboro que je lui volais peu à peu, en lui offrant mes fleurs blanches - celles que j'avais trouvées en pissant quelque part, très loin, avec des filles aux visages d'ange. Je buvais et mon corps sirotait la bouteille à ma place. Je crois que ce soir, pendant quelques heures, j'étais heureuse. Heureuse dans la plus grande impudeur : devant cent personnes, des inconnus.

samedi 4 juin 2011

Le dépassement de la métaphysique par l'analyse logique du langage.

   Cet article a paru dans la revue Erkenntnis, fondée par Carnap, ancien élève de Frege, pour diffuser les thèses du Cercle de Vienne sur le positivisme logique. La volonté d'épurer le langage philosophique de tout énoncé invérifiable conduit à une critique radicale de toute la métaphysique traditionnelle.

   L'essentiel est pour nous ceci : l'art est le moyen d'expression adéquat et la métaphysique un moyen indexation, pour rendre le sentiment de la vie. Il n'y aurait bien sur rien à redire au choix de tel ou tel moyen d'expression. Mais avec la métaphysique la situation est telle que par la forme de ses réalisations, elle feint d'être quelque chose qu'elle n'est pas. Cette forme est celle d'un système d'énoncés qui (en apparence) entretiennent mutuellement des relations de fondement ; elle est donc celle d'une théorie. D'où l'illusion d'un contenu théorique qui, nous l'avons vu,e st inexistant. Outre le lecteur, c'est aussi le métaphysicien qui se trouve victime de l'illusion selon laquelle les énoncés métaphysiques disent quelque chose et décrivent des états des choses. Il s'imagine arpenter un domaine où il en va du vrai et du faux. De fait il n'a pourtant rien dit, mais seulement exprimé quelque chose à la manière d'un artiste. Que le métaphysicien soit ainsi victime d'une pareille illusion, nous ne pouvons l'inférer d'emblée du fait qu'il utilise le langage comme médium et les énoncés déclaratifs comme forme d'expression : car le poète en fait bien autant sans toutefois s'illusionner de cette façon. En revanche, le métaphysicien cherche à alléguer des arguments en faveur de ses thèses, à réclamer l'accord sur leurs contenu, la polémiquer contre le métaphysicien d'un autre courant dont il cherche à réfuter les énoncés dans es propres écrits. Le poète au contraire ne s'efforce pas de réfuter dans ses poèmes la phrases tirées d'un poème d'un autre poète. Il sait bien qu'ici l'art est maître, non la théorie.

R. Carnap - Le dépassement de la métaphysique par l'analyse logique du langage.