dimanche 3 avril 2011

L'accordéoniste.

Il est quatre heures
tout le monde s'éveille
les joues des femmes étaient ce soir couleur groseille
le cliquetis des bouteilles
résonnait à chaque pas
on hurlait notre bonheur
on chantait notre joie
et l'accordéoniste
semblable à un rois
ne savait plus par quelle note commençait la valse à mi temps.


   Et il y avait deux Kévin, des Emma, des Scarlett et des Claire. Logan et Lucie parlaient d'amour dans un coin, Evane ne voulait plus jouer de l'accordéon alors qu'il a joué les plus belles reprises de Brassens la moitié de la nuit. Jude dansait en marchant, ses pas étaient savamment manipulés par l'alcool coulant à flots dans son sang. La bouteille de vodka gisait parterre, et le jus d'orange premier prix irrefermable suppliait qu'on le boive. Un homme de 35 ans nous parlait de son shit du bled, et nous engueulait car on fumait de la merde. Damien ressemblait affreusement à un acteur français bas de gamme mais tous, avaient le sourire aux lèvres.  Même Silouane, débarbu, était venu nous dire bonjour, nous conter son magnifique projet de voyage et nous piquer quelques gorgées. Lucie me suppliait, elle, de ne pas partir je ne sais plus je ne sais plus je ne sais plus comment j'étais heureuse. Quelques heures plus tôt à peine, Lou nous a promis de merveilleuses retrouvailles à son anniversaire. Je ne sais plus combien de fois nous sommes allées faire pipi dans les rues en pente, sur la faculté de médecine, entre deux voitures, combien de fois j'ai dit que j'adorais cette soirée, ces soirées, ses cheveux, à quel point j'avais envie de l'embrasser, d'embrasser tout le monde, de crier je t'aime de partir en courant pour revenir demain même heure même endroit.
   On a piqué un bouquet géant de fausses herbes, et Jude me racontait sa soirée pour la huitième fois quand nous sommes rentrés main dans la main, en subissant chaque marche de l'escalier de quatre étages qui nous séparait du lit où on a fait longuement l'amour avant de s'endormir comme des bébés.


On est dimanche personne ne bouge
Il me demande des dolipranes
ceux que j'ai mangé la veille
nous sommes nus sous la lumière
et je peine à ne pas refermer mes paupières
le chat miaule à peine
que sont devenus ces autres âmes de la nuit qu'on a passés ?
étaient-ce des fantômes, étaient-ce nos rêves ?
Je m'en souviens, c'était la musique.

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