vendredi 18 août 2017

À vive allure

   J'ai une folle envie de vous prendre,
   Tous.
   Je déborde...
   Je veux sentir vos sourires bénir mes yeux rieurs, je veux vous voir fous, beaux, herissés : au moins un peu heureux comme moi.
   J'ai l'impression de soutenir le monde qui m'entoure avec mon petit doigt gauche. Je suis loin de céder, au contraire : je me muscle, je me remplis, je m'elève. Vous m'élevez : je suis votre enfant à tous, votre petite dernière, votre bout de vous, votre accomplissement votre conscience votre rêve. Je vous suis si reconnaissante...
Tous les soirs je pense à vous, à vous tous. Vous être la plus belle chose du monde qui me soit arrivée, chacun de vous, chaque moment passé en votre compagnie, chaque seconde où j'ai songé à vous, votre peinitude. Regardez vous ! Vous êtes tous plein d'un savoureux fluide qu'on appelle vie ; moi je le nomme bonheur et je le laisse me scillonner les veines les aisselles et le coins de mes lèvres le plus souvent que je peux.
   J'ai décidé il y a quelques jours que je serai heureuse pendant dix ans. Quand je l'ai dit à mes colocs ils m'ont regardé bizarrement. "Pourquoi ?"
   Pourquoi ?! Comment ça pourquoi ?! Y a-t-il une seule raison au monde de ne pas décider d'être heureuse ? Pis seulement pour dix ans, ce n'est rien pardi. Il ne reste plus que neuf ans et 359 jours... Parce que je le veux je le decide je me l'octroie de plein droit. Parce que je suis vivante et que je le savoure chaque minute depuis six mois. Parce que les rares fois où j'ai pleuré en 2017 c'était de bonheur et c'était tellement bon. Parce qu'il suffit de sourire le matin au lieu de grogner. Parce qu'il suffit de comprendre les actes des autres pour les pardonner et les accepter, parce qu'il suffit de desserrer un peu son coeur, comme quand on enlève le pied de la pédale de l'accélérateur pour admirer le paysage : il y a toujours de belles choses à voir, à faire, a sentir, à raconter. Roulez sereinement, mais pas trop lentement, n'oubliez pas votre prochaine destination : ce sera la meilleure de votre vie.

mardi 1 août 2017

Je suis là
Je le sens
Comme cette odeur d'aisselle, de bière, de goudron pluvieux

Je suis là comme un soleil sur son nuage
Comme la goutte de rosée sur une feuille de buisson
À l'ombre
À l'oeil
À votre santé

Satiété
Déja nous sommes rendus à la mi-temps,
À la moitié
Mois d'aout : papillon de nuit
Je traverse les bribes de fumée
Et les gouttes de pluie

Je goûte
Le nectar de tout ce qui est bon en ce monde ;
Le sucre : ce sel, ce pêché immonde
M'innonde
Dans ce monde
Comme tour le monde.

Vous êtres cent.
Je suis mille !
Je suis remplie, je suis dosée
Je suis posée
Je -ne- suis -jamais- rassasiée.

Je suis seule
Parmi vous tous
Et vous êtes seul parmi moi
Par miracle
Par bonne chance
Je respire, en cadence.

J'emploie : le verbe amour au singulier
Au plaisir, au désir, au gré du vent

Mes lundis sont longs et abrupts
Les phalanges de mes doigts ne vous diront pas le contraire
;

Belle soit la nuit
Comme tous les soirs
Comme toute la vie...
J'ai vingt-cinq ans après tout :
Qui dirait le contraire ?

dimanche 25 juin 2017

À 5.

   Il y a des choses qui ne s'achètent pas, qui ne se vendent pas, qui ne se filment pas, qui ne se répètent pas. Il y a des choses qu'on vit seul, qu'on vit à deux, qu'on vit à trois, qu'on est à cinq. Il y a la dernière bière qui se renverse et qui se remplace et qui se fume au lever du jour. Il y a des choses à faire qui sont autrement exceptionnelles que les festivités nationales. Il y a des choses qui vrombissent des étincelles sur les pires musiques françaises du monde, qui vibrent les côtes, qui klaxonnent les maxillaires, qui frétillent les genoux, qui contaminent de rire : tes saules, mes peupliers.
   Demain on prendra tous nos bols de céréales chacun dans notre coin. Tout à l'heure on sera mous, moches, minables mais jamais malheureux. Je ne serai plus jamais malheureuse ; sauf dans quatre-vintg trois jours où j'aurai une osteonécrose du coeur.

mardi 30 mai 2017

Air.

Cinq jours ;

Des douzaines de verres ;
Plus de 70 kilomètres à pied ;
Quatre restos ;
Un tatouage ;
Des heures de tendresse ;
Peu d'heures de sommeil ;
Des minutes entières de sincérité ;
Des centaines d'euros de découvert ;
Deux omelettes ;
Quatre cent fous rires ;
Trois mille baisers ;

Approximativement.

mardi 18 avril 2017

Reminiscence.

Ma mère face à mes cils, Anne derrière mon smartphone, Pilou à 4 arrêts de métro. J'ai mangé des Rafaello à m'en étouffer et puis je me suis jetée sur ma maigre bibliothèque et j'ai pris ce provoquant parallélépipède orange criard que je redoute d'ouvrir depuis six ans.
J'ai ouvert La Peau à la page cent soixante quatre. Je lis et j'écoute, et je vis et je : ... J'entends ma mère et je lui réponds au tac au tac, je sens l'odeur du brocoli.  Maman me prend en photo. Maman. Maman je suis loin, jai besoin de tant de choses, jai tant besoin de rien, du rien, de toi loin. J'ai le livre qui soutient mes paumes et je vais aller me noyer dedans, à l'indéfini.